Les PoulesPoule A : Angleterre, Afrique du Sud, Îles Samoa, Tonga, États-UnisDeux favoris se dégagent de ce groupe : le champion du monde en titre anglais et l’Afrique du Sud, vainqueur du trophée en 1995. Ces deux équipes s’affronteront au Stade de France le 14 septembre : la faveur des pronostics va plutôt aux « Boks », qui ont d’ailleurs largement dominé les Anglais le 3 juin 2007 (55-22). Les Britanniques, mal en point, tardent à retrouver leur niveau. Pire, les hommes de Brian Ashton, qui a succédé en décembre 2006 à Andy Robinson, qui lui a même avait remplacé après le Mondial Clive Woodward, ne semblent toujours pas avoir digéré leur titre mondial. En effet, depuis son sacre australien, le XV de la Rose enchaîne les contre performances, à l’image d’un Tournoi des VI Nations plus que poussif qu’ils ont terminé à la troisième place (3 victoires, 2 défaites). Mais les Anglais ne sont jamais aussi forts que lorsqu’ils sont trop vite enterrés. Et sur un match, les coéquipiers de Jonny Wilkinson peuvent tout renverser. Les Sud-Africains, quand à eux, demeurent des outsiders sérieux. Leurs dernières prestations, notamment face aux All Black, sont là pour le rappeler. Les Springboks s’appuieront, comme à leur habitude, sur leurs qualités athlétiques et leur pack toujours aussi solide. Mais ils pourront aussi compter sur leurs individualités et des joueurs expérimentés comme Victor Matfield ou Pierce Montgomery pour tenter de décrocher leur deuxième couronne mondiale. Les deux favoris du groupe devront toutefois composer avec des adversaires solides. À commencer par deux briscards venus du Pacifique : les Îles Samoa et les Tonga. Deux formations habituées des phases finales. Les guerriers samoans, réputés pour leurs qualités physiques, disputeront en France leur cinquième mondial consécutif ; ils avaient atteint par deux fois les quarts de finale en 1991 (battus par l’Écosse) et 1995 (vaincus par l’Afrique du Sud). Leurs cousins Tongiens disputeront également leur cinquième Coupe du monde. Ceux que l’on surnomme les « aigles des mers » aspirent eux aussi à jouer les trouble-fêtes et passer pour la première fois le cap du premier tour. Reste le cas américain. Les « Eagles », qui participeront également à leur cinquième phase finale, tenteront de faire bonne figure dans un sport qui reste confidentiel Outre-Atlantique. Et ceci dès le 8 septembre à Lens, face aux Anglais.
Poule B : Australie, Pays de Galles, Fidji, Canada, JaponL’Australie, double lauréate en 1991 et 1999 –un record – fait figure de favorite. Les « Wallabies », finalistes malheureux chez eux en 2003, ont de plus une revanche à prendre. Leur principal adversaire sera, à priori, le Pays de Galles, qu’ils affronteront le 15 septembre. Les « diables rouges », capables du meilleur comme du pire, auront toutefois l’avantage d’évoluer dans leur antre de Cardiff. Troisièmes en 1987, les Gallois aspirent à se hisser dans le dernier carré (quarts de finaliste en 1999 et 2003). Pour y parvenir, il faudra commencer par vaincre les Fidji. Mission difficile, tant les « Brésiliens » du rugby, au jeu de passe si spectaculaire, restent aussi imprévisibles que redoutables. Les Fidjiens, qui disputent leur cinquième mondial, savent parfaitement déjouer les pronostics. Les Français, qui ont eu toutes les peines du monde à les battre en 1999, ou les Écossais, vainqueurs sur le fil en 2003, peuvent en témoigner. Les quarts de finaliste 1987 abordent la compétition plein d’espoirs, comme à leur habitude. Les Canadiens ne manquent pas non plus d’ambition. Les « rouges », qui ont été de toutes les Coupes du monde, rêvent de rééditer l’exploit de 1991 qui les avaient vu atteindre les quarts de finale. Contrairement aux idées reçues, les Canadiens ne sont pas de simples costauds repliés en défense. Composé de joueurs aguerris, dont la plupart évoluent en Europe ou dans l’hémisphère sud, le XV canadien est un sérieux prétendant à la deuxième place. Reste enfin un inconnu : le Japon . Les Japonais ont eux aussi participé à toutes les phases finales. Souvent présenté comme un faire-valoir, un parfait sparing partner, le XV nippon a sérieusement musclé son jeu sous l’influence de grands techniciens étrangers. Le Néo-Zélandais John Kirwan, qui a succédé au Français Jean-Pierre Ellissalde, entend bien voir son équipe décrocher une deuxième victoire en Coupe du monde (victoire 52-8 contre le Zimbabwe en 1991) et gagner enfin le respect qu’elle mérite.
Poule C : Nouvelle-Zélande, Italie, Écosse, Roumanie, PortugalComme lors de chaque Coupe du monde, les Néo-Zélandais se posent en épouvantails. Les « Blacks » sont plus costauds, plus rapides, plus joueurs, bref plus forts que tout le monde. Grandissimes favoris, les champions du monde 1987 courent pourtant toujours derrière une nouvelle couronne (3e en 1991, finalistes en 1995, 4e en 1999, 3een 2003). Les Néo-Zélandais impressionnent : les Tricolores, balayés 47-3 à l’automne 2006 et écrabouillés 61-10 en juin 2007, peuvent en témoigner. Dans un groupe largement à leur portée, les « Blacks » devraient dérouler. À condition de ne pas faire de complexe de supériorité, leur principal défaut. De plus, leurs futurs adversaires n’aspirent qu’à les faire chuter en faisant le match de leur vie. L’Italie et l’Écosse devraient logiquement se disputer la deuxième place. Avantage à l’Italie : les Transalpins, entraînés par le Français Pierre Berbizier, ont en effet un ascendant psychologique sur les Écossais, qu’ils ont battus chez eux (37-17) lors du Tournoi des VI Nations. En net progrès depuis deux saisons, la Squadra tentera de confirmer en franchissant, pour la première fois, le premier tour. Les Écossais auront toutefois l’avantage du terrain puisqu’ils disputeront trois de leurs matches à Murrayfield. Quart de finaliste lors des trois dernières éditions, le XV du Chardon défendra chèrement sa peau. La Roumanie est une habituée de la compétition puisqu’elle a été de toutes les batailles. L’équipe entraînée par le Français Daniel Santamans n’a pas grand-chose à espérer. Toutefois, avec un gros contingent de joueurs évoluant en France, la Roumanie se déplacera en terrain connu et tentera de surprendre. Reste le Portugal, l’équipe exotique de ce Mondial, présente pour la première fois dans la compétition. Les Lusitaniens ont arraché leur billet en mars 2007 aux dépens de l’Uruguay en match de barrage. Ils seront en France pour apprendre, découvrir, mais pourront compter sur le soutien de la forte communauté lusitanienne présente dans l’Hexagone.
Poule D : France, Argentine, Irlande, Géorgie, NamibieIl est de coutume, lors de chaque Coupe du monde, de sortir du lot un groupe jugé plus équilibré et de le qualifier de « groupe de la mort ». Un rôle qui échoue à cette poule D, celle de la France, le pays hôte. Sur le papier, trois équipes se détachent du lot. Les Bleus ont une bonne carte à jouer et pourront compter sur un soutien populaire qui ne se dément pas. Finaliste en 1987 et 1999, demi-finaliste en 1991 et 2003, le XV tricolore rêve d’inscrire enfin son nom au palmarès. Un objectif loin d’être inaccessible pour les troupes de Bernard Laporte. Victorieux du dernier Tournoi des Six Nations, les coéquipiers de Fréderic Michalak ont de solides arguments à faire valoir et n’ont rien négligé à l’heure de la préparation. Les Bleus auront affaire à deux adversaires redoutables. Et cela dès le 7 septembre, lors du match d’ouverture, face à l’Argentine. Les Pumas, redoutables compétiteurs, ont battu l’équipe de France à quatre reprises lors des cinq dernières confrontations. Ils sont donc à prendre particulièrement au sérieux. Leurs récents résultats – victoire en Angleterre (25-18) et en Italie (23-16), une défaite de justesse face aux Bleus (27-26) et deux succès face à l’Irlande (22-20 et 16-0) – en attestent. Ces deux derniers exploits sont bons pour le moral, le XV du Trèfle constituant justement le troisième larron de cette poule. Des Irlandais qui, depuis trois ans, terrassent à peu près tout ce qui se présente. Emmenés par leur capitaine et épatant trois-quart centre Brian O'Driscoll, les Verts et leur fameux fighting spirit ne craignent personne. Mieux, les troupes d’Eddie O'Sullivan annoncent ne viser pas moins que le titre mondial. Les rendez-vous du 21 septembre, au Stade de France, face aux Bleus et celui du 30 septembre, au Parc des princes, face à l’Argentine promettent d’être chauds. Un match à trois auxquels assisteront la Géorgie et la Namibie, dont la résistance – et les écarts de points qui seront enregistrés – peut être déterminante à l’heure des comptes. Les deux « petits » joueront donc un rôle d’arbitre, bien plus valorisant et motivant que celui de simples faire-valoir.
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