e-Solex : le Solex passe à l’électrique !Par Thomas Groussin18 ans après l’arrêt des lignes de production à Saint-Quentin, le Solex renaît aujourd’hui sous une forme moderne. D’économique, il est devenu écologique. Les Italiens ont la Vespa, les Français ont leur Solex ! Ces deux véhicules ont été conçus, dans l’immédiat après-guerre, pour les mêmes raisons : proposer un moyen de transport individuel populaire dans des pays affaiblis par le conflit mondial. Au total, ce sont 8 millions de VéloSolex qui seront produits et vendus essentiellement en France. Autre point commun amusant, Solex comme Vespa fêtent cette année leur soixantième anniversaire. À cette occasion, le groupe Cible, qui a racheté la marque en 2004, a décidé de faire renaître la célèbre “bicyclette qui roule toute seule” en l’adaptant à la mode et aux préoccupations du moment. ![]() © Solex Dessiné par PininfarinaLe dessin du e-Solex a été confié au studio italien Pininfarina, connu à travers le monde pour son travail avec Ferrari. Donc, forcément, le e-Solex est beau ! Les éléments caractéristiques du modèle originel ont été conservés, en particulier cette grosse boîte noire flanquée sur la roue avant. Celle-ci dissimulait le petit moteur deux-temps qui entraînait la roue avant par un galet. Il n’en est plus rien aujourd’hui puisque cet appendice fait désormais office de petite boîte à gants, dont les dimensions ont été spécialement étudiées pour le transport d’un... chargeur de batterie. Eh oui, le Solex version 2006 fonctionne à l’énergie électrique ! Lithium-ion au lieu du deux-temps La poutre centrale dissimule un logement pour une batterie type lithium-ion, amovible (elle pèse 5 kg) et rechargeable sur secteur, que ce soit à votre domicile ou au bureau. En trois heures, cette batterie se recharge à 70% (100% en 6h) et sa durée de vie est estimée à 1000 cycles de recharge. Cette source électrique alimente un petit moteur de 400 watts sous 36 volts, placé dans le moyeu de la roue arrière. Le e-Solex passe donc à la propulsion ! Le pilote peut choisir entre deux modes de fonctionnement : “éco” ou “max”. Le premier autorise une autonomie de 60 km ou 2h15 d’utilisation environ, le second, plus performant, se limite à 45 km ou 1h30. En mode éco, la vitesse de pointe est de 25 km/h, en mode max, de 35 km/h. ![]() Le petit compteur comporte un indicateur de vitesse et un témoin de charge batterie. © Solex Les mollets mis à contributionLe e-Solex pèse 40 kg, avec sa batterie. C’est un peu plus lourd que les vélos à assistance électrique d’Aprilia (modèle Enjoy), mais la prise en main n’en demeure pas moins enfantine. En revanche, les performances modestes du e-Solex imposent une gestion de la conduite autrement plus délicate dans les rues de Paris. Tourner la poignée droite propulse l’engin dans un silence quasi total (on entend juste le petit bruit du moteur électrique), mais les accélérations restent dignes d’un... Solex. Affronter la circulation hystérique de la capitale au guidon d’un scooter 50 cm3 légalement bridé à 45 km/h n’est déjà pas une mince affaire, mais là, ça se complique encore. Une seule solution : se cantonner aux petites rues et éviter les grandes artères roulantes. Le e-Solex parvient toutefois à reléguer le comportement de son ancêtre aux oubliettes : il tient beaucoup mieux la route, freine bien plus fort (disques à l’avant et à l’arrière) et soigne le confort de son pilote (suspension mécanique à l’avant, selle montée sur ressort). Comme sur le Solex d’antan, il est possible de passer en mode vélo, ou de pédaler pour donner un peu plus de vigueur aux accélérations. ![]() © Solex Casque obligatoireLe e-Solex est soumis à l’obligation d’être immatriculé et assuré, comme tous les cyclomoteurs 50. Première conséquence : son pilote doit porter un casque homologué. Aucune objection à cela, mais il faudra le garder à la main une fois arrivé à destination car, contrairement à un scooter 50, il n’y a pas ici de possibilité de rangement. Autre conséquence de l’immatriculation : l’interdiction d’emprunter voies de bus et pistes cyclables. On peut toutefois imaginer que les forces de l’ordre se montreront compréhensives à l’égard du contrevenant qui chevauche cette charmante réincarnation du bon vieux Solex… En vente dès décembre 2006 Produit en Chine (les accords de fabrication conclus avec Matra sont pour l’instant au point mort), le e-Solex est commercialisé par l’intermédiaire d’un réseau national de revendeurs de cycles et cyclomoteurs dont les coordonnées sont consultables sur le site Internet www.e-solex.fr. Son prix est de 1150 € et la garantie constructeur est d’un an, pièces et main d’œuvre. Ultérieurement, les ventes à l’international s’organiseront par des accords exclusifs d’importation. En savoir pluswww.e-solex.fr |