Bruxelles ne manque pas de sel !Par Georges RouzeauVoici une sélection de bonnes adresses bruxelloises qui partagent un goût commun pour les produits frais et les recettes traditionnelles, toutes situées à moins de dix minutes à pied des nouveaux musées. ![]() © G. Rouzeau / ViaMichelin Belgium Taste in The Sky, restaurant de l’AtomiumCe n’est pas de l’humour belge mais cela y ressemble fort. L’Atomium est une "grosse" machine touristique qui draine des centaines de milliers de visiteurs par an (voir notre article). Voilà pourquoi je n’attendais pas grand chose de la restauration proposée par son restaurant baptisé Belgium Taste in The Sky dont le nom même évoque un certain genre cinématographique... Quelle erreur et quelle bonne surprise ! Pour s’y rendre, il faut emprunter l’ascenseur partant du rez-de-chaussée qui mène à la sphère Lola Bobesco d’où l’on jouit d’un panorama formidable sur Bruxelles et ses environs. Incroyable mais belge : le restaurant de l’Atomium est une brasserie gastronomique déguisée en un genre de self-service. On circule avec son plateau autour de l’axe central de la sphère mais, de l’entrée au dessert, on est servi. Conçu pour répondre à la forte affluence en haute saison touristique, ce "snack" ne le cède en rien à certaines bonnes tables. Au piano officie un homme d’expérience, Thierry Déom, qui a travaillé dans les étoilés Michelin et en Afrique pour la Sabena. Son credo est clair : mettre en avant les bons produits frais, les traditions et les artisans belges. Il le clame haut et fort : "ici, vous ne verrez jamais rentrer aucune boîte de conserve". De fait, les légumes de terre, colorés et croquants, font de l’œil au gourmand comme ces fameuses carottes de Créance et ces pommes de terre Ratte... En entrée, laissez-vous tenter par cette spécialité belge typique, la terrine d’anguille au vert, "maison" s’il vous plaît ! En plat de résistance, il y avait du vol au vent confectionné à partir d’une véritable poule au pot, du suprême de volaille façon "Sambre et Meuse" et même de l’omble chevalier. Au dessert, rien que des pâtisseries faites maison comme cette meringue à la confiture de figues fraîches ou encore ce fromage blanc aérien sur son lit de Spéculoos. Formule "entrée, plat, dessert" à 20 €. ![]() © G. Rouzeau / ViaMichelin Orphyse ChaussetteSitué dans le quartier du Sablon, ce restaurant se trouve à cinq minutes à pied du musée Belvue et des musées royaux des Beaux-Arts. Fils de viticulteurs à Baixas (au nord-ouest de Perpignan), Philippe Renoux connaît le terroir du Languedoc-Roussillon sur le bout des papilles, même s’il a voyagé dans le monde entier. Son "bistrot gastronomique", comme il est indiqué sur la carte, en remontre aux meilleurs côté saveur, fraîcheur des produits et respect des saisons. Ici, rien que du thon méditerranéen, de l’agneau du Limousin, du veau de lait de Corrèze, du canard du Gers... Les plats défilent comme autant de titres de poèmes : raviolis de pieds de porc basque, poêlée de girolles, filet de veau aux trompettes de la mort... La carte des desserts régale avec ses figues de Soliès pochées dans une soupe d’agrumes, son moelleux au chocolat noir, caramel au beurre salé, glace à l’infusion de menthe ou encore son baba au vieux Rhum. Orientée Sud-Ouest et Sud-Est, la carte des vins est remarquable, en variété comme en prix, tout en évitant les grands noms surfaits. Il y a des découvertes à faire du côté des nombreux vins de pays de l’Hérault et des côtes catalanes. Quant à ce nom, "Orphyse Chaussette", c’était celui de l’arrière grand-mère de Philippe Renoux, une cuisinière authentique dont l’esprit souffle encore dans les cuisines… Formule "déjeuner" à 13,5 et 16,9 €. À la carte, compter entre 40 et 50 €. ![]() © G. Rouzeau / ViaMichelin Le Pré saléCe restaurant se trouve à trois minutes de la Centrale électrique. Ce restaurant traditionnel bruxellois est l’un des piliers gastronomiques du quartier Sainte-Catherine. Sa grande salle carrelée, ses tables en bois et ses banquettes, sa cuisine ouverte sur la salle (bien avant que ce soit à la mode…) lui donne une touche poissonnerie populaire qu’on adore. Sur la table, vous ne trouverez rien que des produits solides et des recettes qui ne le sont pas moins. Moules marinières, grenouilles, anguilles au vert, stoemp (purée de pommes de terre et de légumes), carbonade (une daube de bœuf), des poissons de la mer du Nord et une bonne sélection de bières. Le patron vient saluer chaque table, habitués, touristes et familles comprises. Compter entre 20 et 30 €. Le SwitchCe restaurant se trouve à trois minutes de la Centrale électrique. To switch en anglais signifie "permuter", "intervertir". Vous l’aurez peut-être déjà compris, ce restaurant moderne du quartier Sainte-Catherine vous propose de composer vous-même vos plats en choisissant à chaque fois l’ingrédient, la cuisson, la sauce et l’accompagnement : ainsi les noix de Saint-Jacques, les langoustines, le faisan ou le bar seront cuits à la vapeur, à la plancha ou au four, accompagnés d’huile d’olive, de beurre ou de sauce au soja. Même principe pour les légumes. Des cuissons courtes et des préparations réalisées à la minute permettent de faire tourner cette "machine" sophistiquée. Si le concept séduit par sa légèreté et son côté ludique, les plats manquent tout de même un peu de caractère. Le menu "entrée, plat, dessert" est à 28 €. Carnet d'adressesBelgium Taste in The Sky, restaurant de l'Atomium, Sphère Lola Bobesco, Square de l'Atomium, 1020 Bruxelles. www.belgiumtaste.com/. Orphyse Chaussette, rue Charles Hanssens 5, 1000 Bruxelles ; tél. : 02.502.75.81, fax : 02.513.52.04. Réservation souhaitée. Fermeture : dimanche - lundi Le Pré salé, rue de Flandre, 20, 1000 Bruxelles ; tél. : 02.513.65.45, fax : 02.513.56.14. Le Switch, rue de Flandre, 6, 1000 Bruxelles ; tél. : 02.503.14.80, fax : 02.503.14.80. |