Honda Silver Wing 400 : la réplique du bicylindre en 400
Par Th. Groussin
Devant le succès rencontré par les maxi-scooters 400 en France et en Europe, Honda ne pouvait rester plus longtemps absent de cette cylindrée consensuelle. La réplique est sévère puisque le nouveau Silver Wing 400 s'affiche au même tarif que ses concurrents, en étant le seul à être doté d'un moteur bicylindre.
À l'aise en ville malgré son gabarit respectable, le Silver Wing 400
ne dévoile les limites de son comportement que dans les grandes courbes rapides.
Un bon compromis
En ce début 2006, la surenchère semble marquer une pause lors du choix de cylindrée des nouveaux maxi-scooters. Le succès continu du Suzuki Burgman 400 depuis sa sortie il y a sept ans, et celui du plus récent Yamaha Majesty 400, amènent à penser que cette cylindrée représente aujourd'hui un compromis intéressant.
Les constructeurs peuvent ainsi proposer des scooters parfaitement homogènes mais relativement économiques par rapport aux plus de 500, qui nécessitent des châssis plus sophistiqués pour obtenir un comportement adapté à leurs performances. 400 cm3 sont aussi amplement suffisants pour circuler dans les mégapoles européennes, autant que pour s'offrir un petit voyage plus lointain de temps en temps.
Châssis sophistiqué
Le Silver Wing 600 a aussi légué à la version 400 son cadre sophistiqué, qui n'a plus rien à voir avec celui d'un scooter « traditionnel » sur lequel l'ensemble moteur transmission est solidaire de la roue arrière et oscille avec l'amortissement.
Sur le Silver Wing 400, le bicylindre est monté fixe au c½ur d'un cadre en acier alors que la roue arrière est suspendue par un bras oscillant indépendant, comme sur une moto. En équilibrant les masses supportées par les trains avant et arrière et en optimisant la rigidité de l'ensemble, cela est censé optimiser le comportement du scooter à haute vitesse. À l'usage, si le comportement du Silver Wing ne souffre aucun reproche lorsque le rythme est à la balade, même énergique, la direction reste tout de même susceptible de perdre de la précision dans les grandes courbes rapides. À vrai dire, seul un Yamaha T Max 500 s'en sort mieux dans ces conditions. Mieux vaut donc profiter de l'excellent confort du Silver Wing, plutôt que de lui imposer une conduite sportive contre-nature.
En ville, l'agilité de ce gros scooter surprend. Sa longueur réclame de l'attention lors des man½uvres à l'arrêt, mais sa largeur bien maîtrisée, le centre de gravité très bas et le châssis équilibré constituent de précieux alliés pour se faufiler dans les encombrements.
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| | Moteur bicylindre Pour prendre sa place sur ce segment de marché, Honda frappe fort en proposant purement et simplement une déclinaison 400 du Silver Wing 600, fleuron de sa gamme maxi-scooters. Le "petit" reprend exactement le même équipement que le "gros", en particulier son moteur bicylindre en ligne, une architecture répandue sur les scooters de plus de 500 cm3 mais inédite en 400. Face aux Suzuki Burgman et Yamaha Majesty 400, dotés d'un monocylindre, le Honda se distingue ainsi à la conduite par davantage de souplesse et d'onctuosité à bas régimes, en ville ou sur voie rapide. Autre atout, sur autoroute cette fois, le Silver Wing 400 offre des capacités de reprises sensiblement supérieures à celles de ses concurrents. Sa puissance est équivalente à celle d'un monocylindre 500. | |
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CBS mais pas ABS
Honda reprend bien évidemment sur le Silver Wing 400 l'excellent freinage combiné CBS du 600. La saisie du levier gauche répartit de façon optimale la puissance d'arrêt entre les deux roues, ce qui permet de repousser considérablement les limites de dérapage en cas de freinage d'urgence et de délaisser le levier droit lors des man½uvres à basse vitesse. Privilégiant la progressivité, ce freinage impose juste d'exercer de la poigne pour obtenir un fort ralentissement. Le Suzuki Burgman 400 dispose également d'une telle assistance au freinage.
Plus surprenant, Honda ne propose pas, pour le moment du moins, de dispositif ABS, même en option, alors qu'il équipe désormais de série le Silver Wing 600 (qui coûte tout de même 3000 ¤ de plus !). Remarquez, vu les performances du CBS, il n'est finalement pas indispensable.
Même équipement, même tarif
S'agissant des aspects pratiques, il est plus difficile pour le Silver Wing 400 de se distinguer de ses concurrents, tant ils sont aboutis sur ce plan.
Comme le Burgman et le Majesty, il dispose d'un immense coffre pour deux casques intégraux, d'une sellerie splendide, d'une instrumentation digne d'une automobile. Rien que de très normal sur les maxi-scooters actuels.
Il n'en reste pas moins que, grâce à sa motorisation bicylindre et à son cadre sophistiqué, le Honda parvient à rehausser d'un cran le niveau de prestations des scooters 400.
Un atout d'autant plus percutant que son tarif est équivalent à celui de ses concurrents.
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| | Fiche technique Moteur : bicylindre en ligne 4T refroidi par eau, 8 soupapes Cylindrée : 398 cm3 Alimentation : injection électronique Démarrage : électrique Puissance : 38 ch à 8000 tr/min Couple : 3,7 mkg à 6500 tr/min Suspension Av : fourche hydraulique ø 41 mm, déb. 120 mm ; Ar : 2 amortisseurs réglables Frein Av : disque 256 mm, étrier 3 pistons ; Ar : disque 240 mm, étrier 2 pistons (freinage combiné CBS) Pneu Av : 120/80 x 14 ; Ar : 150/70 x 13 Hauteur de selle : 740 mm Essence : 16 litres Poids à sec : 228 kg Pratique : Coloris : bleu, gris clair ou gris foncé Garantie : 2 ans PMO, km illimité Prix : 5990 ¤ Lieu de fabrication : Japon NOS MESURES : Vitesse maxi chrono : plus de 150 km/h Conso moyenne : 5 l/100 km Autonomie moyenne : 250 km avant réserve | |
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Photographies : © Honda