Magazine - 15/04/06

     
 
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Automobile

Nouveau BMW roadster Z4 M : puissant et agressif

 
Par Georges Rouzeau, envoyé spécial à Jerez de la Frontera (Espagne)
 
Musclé comme un fauve, le nouveau roadster BMW Z4 M se catapulte à 100 km/h en 5 secondes. Le successeur tant attendu du Z3 M affiche des performances dignes d'un pur-sang sous une robe plutôt sage.
 
 

Qui achète un roadster BMW Z4 ?

 
Il y a les voitures de tous les jours... et il y a les autres, objets de rêve dédiés au plaisir de conduire. Tel est le roadster. Le nouveau Z4 M de BMW respecte à la lettre les critères qui définissent cette catégorie terriblement pointue : c'est bien une voiture biplace décapotable dont le long capot, nervuré et musculeux, rejette loin en arrière l'habitacle qui apparaît comme posé sur les roues postérieures motrices. Une voiture exclusivement consacrée au plaisir de conduire les cheveux au vent. Et basta !
 
Forts de leurs moyens financiers considérables, les acheteurs potentiels de roadster sont particulièrement exigeants. Avec une moyenne de deux voitures dans leur garage, ces hommes (à 90 %) aiment la liberté, l'indépendance et le style de BMW, son dynamisme, son caractère exclusif et sa charge émotionnelle. Adeptes d'une conduite sportive et puriste, ces automobilistes consacrent leur temps libre à leur roadster.
 

Jerez de la Frontera, Espagne

 
Il fait déjà 12°C lorsque je prends possession de mon Z4 M à 8h30. Le bolide rouge est sagement garé au pied de mon hôtel, situé à côté du circuit de Jerez.
 
Au premier abord, le successeur tant attendu du Z3 M (produit entre 1995 et 2002) affiche une robe plutôt sage.
 
L'agressivité du modèle s'est réfugiée essentiellement à l'avant, avec un bouclier modifié qui intègre de grandes prises d'air, un capot plus bombé et nervuré, des passages de roue plus larges et, à l'arrière, quatre embouts chromés prêts à cracher le feu.
 
Les roues de 18 pouces, emblématiques du langage M, sont ornées de branches doubles qui libèrent la vue sur les freins.
 
 
Jetons maintenant un coup d'½il sur l'habitacle intérieur réalisé sous la houlette de Madame Sabina Zemelka, responsable du design intérieur chez BMW.
 
La sobriété règne en maître afin de ne pas détourner le « pilote » du plaisir de conduire. Une couleur : le noir. Une matière : le cuir, sur le pommeau de vitesse, le volant et sur la planche de bord avec une variation façon « carbone » très réussie.
 
Évidemment, les rangements sont si exigus et si rares que je cherche presque en vain comment caser appareils photos, sacs et autres blousons. : ils finissent tous dans le petit coffre. Le siège baquet, ferme à souhait, me rappelle opportunément que je suis là pour faire parler la poudre, et non pour faire du shopping !
 

Aller-retour à Cadix

 
Le moteur s'ébroue et l'on reconnaît la merveilleuse sonorité du 6 cylindres en ligne hérité de la M 3, qui a également fait don de son pont avec autobloquant variable Motorsport et de son système de freinage optimisé. Chez BMW, chaque véhicule reçoit sa propre signature acoustique comme nous l'avait expliqué la veille Gerhard Thomas, directeur de l'acoustique chez BMW - celle du Z4 M étant « the sound of driving pleasure » (cela sonne mieux en anglais).
 
Avec sa boîte mécanique à six rapports très fluide, le Z4 M se conduit avec bonheur sur la route qui m'emmène de Jerez à Cadix. Très fermes, les suspensions ne filtrent pas grand-chose des imperfections du bitume, mais elles me communiquent de manière jubilatoire toute la vie mécanique de mon pur-sang.
 
Arrivés à Cadix, je décapote en moins de dix secondes : la capote du Z4 M est un ouvrage de belle facture qui intègre une vitre arrière en verre, un habillage intérieur plutôt épais et des garnitures de protection en plastique. Sur autoroute, elle tient honorablement à distance les bruits aérodynamiques.
 
La tête dans le ciel bleu, je me gare au bord de la mer le temps d'admirer les bateaux en partance pour les îles Canaries, l'Afrique et même l'Amérique du Sud. La vie en roadster, cela doit ressembler un peu à ça...
 
Après un café et quelques churros au bar de la Marina, je mets les gaz vers le circuit de Grand Prix de Jerez, où l'on m'attend pour en découdre avec l'asphalte.
 
Une exposition des roadsters historiques de BMW
 
En attendant mon passage sur le circuit, j'ai tout loisir d'admirer la collection historique des roadsters BMW rassemblés à Jerez pour l'occasion.
 
De l'une des toutes premières, la BMW 3/15 ch DA3 Wartburg Sport (1930) à la Z3 (1995) en passant par la BMW 507 (1955), le constructeur allemand affiche une affinité évidente avec le genre du cabriolet biplace sportif.
 
Je serais volontiers reparti au volant de la BMW Z8 (2002), construite à moins d'un millier d'exemplaires : sa ligne intemporelle, sa technologie toujours de pointe et son V8 sport de 400 ch. en font une créature de rêve.
 

Circuit de Grand Prix de Jerez, 11h30

 
Me voici enfin dans les starting-blocks de cette piste inaugurée en 1985, longue de 4 218 m et qui ménage 16 courbes. C'est l'occasion de mettre à la question la Z4 M qui bénéficie, comme toute voiture de sport digne de ce nom, de réglages spécifiques mis au point après de longues séances sur le circuit allemand de Nürburgring. Les organisateurs m'offre dix tours de rêve au volant de ce bijou. Je me range sagement sur la ligne de départ et attends le feu vert.
 
Go ! J'écrase l'accélérateur pour avaler les 100 km/h en 5 secondes. Sans être un pilote expérimenté, je jubile durant ces dix tours d'asphalte sans jamais réussir à dépasser les 190 km/h tant les virages me ramènent (trop) vite à la raison et à la décélération. Manifestement, piloter est un métier ! Toutefois, comme 80 % du couple est disponible dès 2.000 tr/min, la conduite du Z4 M demeure un plaisir de chaque instant. On évolue en toute sécurité, la voiture rattrapant avec nonchalance les innombrables erreurs.
 
Certains de mes confrères, déjà blanchis sous le harnais, déplorent cette intervention intempestive de l'électronique qui les « couperait trop de la route ». Pourtant, en déconnectant le contrôle dynamique DTC et en passant en mode « sport », le BMW Z4 M est un fauve en liberté dont le rapport/poids puissance atteint 4,1 kg/ch quand celui du Porsche Boxter S est de 4,8 kg/ch.
À manier avec précaution donc...
 
BMW Z4 M
 
Moteur : 6 cylindres en ligne
Cylindrée  : 3246 cm3
Puissance maxi  : 252 kW. à 7900 tr/mn
Couple maxi  : 365 Nm à 4900 tr/mn 
Vitesse maxi  : 250 km/h
Consommation cycle urbain extra-urbain mixte  (litres) : 18,2 / 8,6 / 12,1
Émissions de CO2 : 292 g/km
0-100 km/h  : 5 s
Poids à vide  : 1485 kg
Réservoir de carburant  : 55 litres
Longueur / largeur / hauteur  (mm) :4113/1781/1302
Volume du coffre  : 200-220 litres
Site Internet  :www.bmw.fr
 
Photographies : © G. Rouzeau/ViaMichelin, BMW