Lyon : la Presqu'île à vélo'v
Par Georges Rouzeau
Avec vélo'v, un parc de vélos en libre-service, Lyon découvre aujourd'hui les attraits de la petite reine. C'est effectivement un moyen de locomotion idéal pour arpenter la Presqu'île qui forme un centre ville attrayant et dont le patrimoine architectural sert d'écrin à de nombreux musées, boutiques et restaurants.
La Presqu'île, entre Saône et Rhône, forme le centre ville de Lyon.
© Eric Saillet
Pour la plupart des vacanciers en route pour la Méditerranée, Lyon n'est qu'une étape, grise et industrielle, souvent embouteillée, que l'on s'empresse de dépasser sans regrets. Pourtant, la capitale des Gaules est une grande ville d'art et d'histoire où il fait bon flâner entre musées, boutiques et bonnes tables : son centre ville piétonnier est l'un des plus vastes d'Europe.
Votre perplexité risque encore de s'accroître : la dernière folie à Lyon, longtemps réputée pour être la capitale de l'automobile, c'est le vélo ! Jeunes et moins jeunes, étudiants et avocats, retraités et actifs, tous les Lyonnais profitent du vélo'v, un parc de vélos en libre-service, gratuit la première demi-heure. On les comprend : tous les trajets en centre ville s'effectuent en moins de vingt minutes... Il était donc plus que tentant de se transformer en cycliste pour découvrir à vélo'v la Presqu'île de Lyon !
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| | La folie Vélo'v : mode d'emploi Prenez une carte gratuite d'une durée de 7 jours à une borne dans une station. Attention : certaines bornes sont en rupture de stock mais ne le signalent pas ! Pas d'autre solution que de se rendre à une autre station : il y en a une tous les 300 mètres environ. Une fois la carte « éditée », il faut ouvrir une session de location de vélo. On choisit un numéro et on décroche la bicyclette attachée au plot antivol qui lui correspond. Ensuite, vous avez une demi-heure de liberté. Chaque heure de vélo supplémentaire vous coûtera 1 euro. Très pratique, le système révèle néanmoins une faille: le soir (surtout en hiver), il est difficile de trouver une place libre dans une station en centre ville pour se garer. Évitez donc les grands axes et préférez-leur les rues adjacentes, moins fréquentées. | |
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En sortant de la gare de Perrache
Quand les travaux de réaménagement du confluent (la pointe de la Presqu'île où Saône et Rhône s'épousent derrière la gare de Perrache) seront terminés, le voyageur sortira sans doute avec plaisir de son train. Pour l'heure, toute cette zone, longtemps dévolue à l'industrie et aux entrepôts, est le théâtre d'un gigantesque chantier urbanistique. On attend avec impatience le point d'orgue de ce projet : l'ouverture en 2008 du musée des Confluences, un musée des sciences et des sociétés réalisé par Coop Himme(l)blau, un collectif d'architectes avant-gardistes. Aujourd'hui, on s'empresse de trouver une station vélo'v ; ça tombe bien, il y en a une à la sortie de la gare, sur la place Sadi Carnot. Le grand panier fixé au guidon du vélo permet même de loger une petite valise.
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| | Lyon City Card : un sésame indispensable Ce passeport permet de découvrir la ville de Lyon en faisant des économies substantielles. Disponible en trois formules de 1, 2 ou 3 jours, il permet de profiter gratuitement des transports en commun, de 21 musées, des visites guidées de l'office de tourisme et de celle de la basilique Fourvière par ses toits (un must), des concerts « Expresso » de l'Orchestre National de Lyon, de la plupart des concerts de l'Amphithéâtre de l'Opéra National, de l'ensemble des spectacles de la Compagnie des Zonzons et de ceux du théâtre le Guignol de Lyon. Vous bénéficiez également de nombreuses réductions dans certains magasins, au théâtre des Célestins, auprès du cyclopolitain et de ZoneCyclable. | |
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L'église abbatiale Saint-Martin d'Ainay
Trois tours de pédaliers et nous voici au niveau de la rue Franklin, qui marque la frontière du Lyon classé au patrimoine mondial de l'Unesco. On salue en passant la statue d'Ampère, Lyonnais illustre, sur la place qui porte son nom, avant de poser un pied à terre devant l'église abbatiale Saint-Martin d'Ainay. Ce bel ensemble roman de la fin du 11e s. a survécu par miracle grâce à l'urbanisation tardive de cette partie de Lyon, longtemps restée à l'état de friche marécageuse. De l'angle des rues Bourgelat et Adélaïde-Perrin, vous aurez la meilleure vue sur le chevet, la tour carrée du transept et le clocher de la façade. À l'intérieur, vous serez frappé par un superbe anachronisme : le maître d'½uvre a pioché dans les ruines antiques des collines alentour pour lever les colonnades de la nef, qui rappellent furieusement les premières basiliques paléochrétiennes.
Juste à côté de l'église se trouve un bouchon typique, le Café Comptoir Abel (voir notre article), une adresse idéale pour déjeuner. En sortant de table, marchez jusqu'au quai Tilsitt qui offre un panorama superbe sur la rive opposée, les pentes de la colline de Fourvière et sa basilique, les restes de l'enceinte de Lyon et, au loin, la cathédrale Saint-Jean.
Une pause chez les antiquaires
Dans le quartier Auguste Comte et les rues adjacentes (comme la rue de la Charité), les échoppes d'artisans et autres restaurateurs d'art fleurissent aux côtés de vieux cafés qui ont conservé leur zinc et leurs boiseries.
C'est également le quartier des hôtels particuliers de la noblesse qui s'est développé sous Louis XIV et Louis XV, en même temps que la place (royale) Bellecour (photo ci-contre).
Le n°50 de la rue Auguste Comte est un superbe exemple de cette architecture nobiliaire tout comme l'hôtel de Villeroy (1730), au n°34 de la rue de la Charité, qui abrite les collections du musée des Tissus.
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| | Éloge des circulations douces Outre le vélo'v et un remarquable système de transports en commun qui associe bus, tramway et métro, Lyon possède également quelques modes de circulation douce, amusants à emprunter le temps d'un week-end. C'est le cas du Segway (voir notre article), cette grosse trottinette électrique chaussée de pneumatiques spéciaux Michelin que l'on dirige par impulsion du corps. Il est possible de visiter Lyon juché sur ce drôle d'engin que l'on apprend à maîtriser en moins d'une minute. De mars à la veille de Noël, vous pouvez aussi voyager en cyclopolitain (voir notre article), un tricycle à assistance électrique conduit par un chauffeur, un « pousse-pousse » moderne en quelque sorte. Vous pouvez opter pour une course simple comme en taxi ou pour un « cyclotour », une balade touristique de 20 minutes qui permet de parcourir la ville d'une manière insolite en profitant des commentaires du pilote, qui connaît sa ville et ses bons plans comme sa poche. Vous pouvez aussi opter pour la location d'un vélo à assistance électrique, seul moyen de locomotion douce qui permet de gravir la colline de Fourvière ou les pentes escarpées de la Croix-Rousse sans efforts. Basée dans le Vieux Lyon, la société ZoneCyclable propose deux types de parcours : seul, avec itinéraire et livret en main, ou bien accompagné d'un guide professionnel. | |
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Un coup de c½ur pour la place des Célestins
On enfourche à nouveau notre destrier direction plein Sud au-delà de la place Bellecour, lieu de tous les grands événements lyonnais, pour emprunter la rue du Président Edouard-Herriot puis la rue des Archers qui mène à la place des Célestins, où un garage à vélo nous attend. C'est une place pleine de charme qui met en valeur la façade aristocratique du théâtre des Célestins (photo ci-contre). La campagne de restauration qui vient de s'achever lui a rendu toute sa superbe. En vous inscrivant à l'une des visites organisées par l'office de tourisme, vous découvrirez une magnifique salle pourpre et or à l'italienne et un foyer luxueux.
Devant le théâtre s'étend un genre de jardin public high-tech dont un parquet aurait remplacé le gazon et au centre duquel se dresse un curieux périscope. Jetez-y un coup d'½il et vous découvrirez une vue en perspective de la rampe d'accès au parking des Célestins signée Daniel Buren et Christian Drevet. Quand l'art et l'architecture rencontrent un parking, cela donne cette superbe évocation d'une galerie Renaissance à arcades...
À la belle saison, on se dispute les bancs de la place des Célestins pour grignoter son lunch acheté chez Pignol (voir notre article Un appétit de Lyon). C'est l'un de nos endroits préférés à Lyon, notamment pour une pause lecture ou pour tuer le temps avant de rejoindre la gare TGV de Lyon Part-Dieu.
Shopping dans le carré d'or...
Les malades de la fièvre acheteuse doivent être prévenus sans plus tarder : le fameux carré d'or lyonnais (70 boutiques de luxe situées entre la place Bellecour et la place des Jacobins) est ici à portée de carte bleue. Certaines boutiques présentent également les plus belles réalisations de la soierie lyonnaise.
Le shopping peut continuer tout au long de la rue du Président Herriot et de celle de Brest. Longue artère ouverte au 19e s. par le préfet Vaïsse (le Haussmann lyonnais) dans le vieux bâti de la Presqu'île, la rue Herriot aligne de belles façades éclectiques et néoclassiques, comme au n°63. Juste après la place des Jacobins, ornée d'une belle statue en marbre de Carrare dédiée à quatre artistes lyonnais (dont le peintre Hippolyte Flandrin, le sculpteur Guillaume Coustou et le graveur Gérard Audran), elle s'ouvre de chaque côté sur le passage couvert de l'Argue (photo ci-contre). Ses boutiques vieillottes de parapluies et de chapeaux et son inénarrable bar du Passage sortent tout droit d'un film de Claude Sautet des années 1970.
Côté gauche de la chaussée, le passage débouche dans l'incontournable rue Mercière - la via mercatoria gallo-romaine, c'est-à-dire du marché - où les façades Renaissance s'élèvent au-dessus des restaurants et des cafés. On y vient le jour pour la visiter et le soir pour dîner ou prendre un verre, par exemple à l'Eden Rock.
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| | Trois musées incontournables de la Presqu'île Le musée des Beaux-arts Le musée des Beaux-Arts occupe le palais Saint-Pierre, un ancien couvent de bénédictines qui ne recrutait que parmi les jeunes filles de l'aristocratie ayant quatre quartiers de noblesse au pedigree. Mondaines à souhait, nos dames avaient fait du cloître un jardin exotique peuplé d'essences rares. Toute personne bien née de passage à Lyon se devait d'y rendre hommage par une visite. Aujourd'hui encore, le lieu est un havre de paix au milieu de l'agitation urbaine où l'on vient se ressourcer en compagnie des statues de Bourdelle et de Rodin. Le musée, dont le conservateur fut longtemps le grand historien de l'art Henri Focillon, l'auteur de La Vie des formes (1934), abrite un exceptionnel panorama représentatif de l'art mondial. En outre, l'exposition « Six années d'acquisition 2000-2005 » présente une centaine d'½uvres exposées au sein des collections permanentes qui illustrent la diversité des procédures d'acquisition à la disposition d'un grand musée aujourd'hui : dons, legs, achats, dépôts et dations. Le musée des Tissus (photo ci-contre) Mises en scène dans le bel hôtel particulier de Villeroy, les collections de soies, de broderies, de tentures et autres magnifiques étoffes invitent à un voyage entre Orient et Occident, de l'Antiquité à nos jours. Une place particulière est bien sûr réservée au talent des soyeux lyonnais. Le musée de l'Imprimerie Saviez-vous que le premier livre imprimé en français, une sainte bible de Jean de Tournes, le fut à Lyon en 1476 ? C'est à la Renaissance que cette ville de foires commerciales donna une impulsion décisive à l'art typographique, au point de devenir en un siècle la troisième ville éditrice d'Europe - l'imprimerie y devint alors une activité aussi importante que la banque et la soie. Les collections comportent notamment une série exceptionnelle de 600 bois gravés ayant servi à illustrer la Bible et ceux de Gustave Doré, destinés aux ½uvres de Rabelais. | |
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Autour de la place des Terreaux
Avant d'arriver à la célèbre place des Terreaux, faites un crochet à gauche dans la rue de la Fromagerie pour jeter un coup d'½il sur le magnifique portail Renaissance de l'église Saint-Nizier qui, selon la légende, serait le lieu du premier sanctuaire lyonnais.
Terminus de ce parcours cycliste, la place des Terreaux forme comme une barrière naturelle au pied de la colline de la Croix-Rousse. De fait, un ancien lit du Rhône passait ici avant d'être comblé par des terres rapportées (ou terreaux). Bordée au Sud par la longue façade du palais Saint-Pierre, la place offre à l'Est une magnifique scène à la façade Louis XIII de l'hôtel de ville (photo ci-contre).
Au centre se trouve la fontaine commandée à Bartholdi en 1889 par la ville de Bordeaux. Ce Char de la Liberté qui symbolise la Garonne et ses affluents se jetant dans l'océan fut refusé en raison de son prix. Exposée et admirée à l'exposition universelle de Paris, la fontaine fut installée à Lyon en 1892 au terme d'un parcours fluvial et maritime de plus de deux mois ! Seul un bateau pouvait supporter ses 50 tonnes de plomb creux.
Réaménagée en 1994 par Daniel Buren, la place des Terreaux offre maintenant aux promeneurs un sol en granit sombre qui dissimule 69 jets d'eau. La nuit, un éclairage subtil vient mettre en relief chacun des monuments.
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| | Renseignements pratiques Pour en savoir plus sur Velo'v et les autres modes de circulation douce Le musée des Beaux-arts , Palais Saint-Pierre, 20 place des Terreaux, 69001 Lyon Tél. : 04 72 10 30 30. Le musée des Tissus 34 rue de la Charité, 69002 Lyon. Le musée de l'Imprimerie 13, rue de la Poulaillerie, 69002 Lyon. | |
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