| | | | | | Cliquez sur la photo pour l'agrandir        | |  | |  | | Automobile Nouvelle Mercedes Classe R : l'automobile du 3ème type C'est l'un des événements de ce Salon de Francfort. Elle est énorme mais belle, vous ne pourrez pas la manquer, c'est la Classe R. Pour vous préparer au choc, petit aperçu du nouveau concept à 6 places de Mercedes. © DaimlerChrysler En dépit de dimensions imposantes, la Classe R présente une ligne élancée et élégante. | Un nouveau concept ? Sur un marché automobile saturé par l'offre, difficile de se faire une place au soleil. Mercedes l'a compris et frappe une nouvelle fois un grand coup avec un concept innovant et décalé : le Grand Sports Tourer... plus simplement baptisé "Classe R". Après le CLS, le flamboyant "coupé-berline" [ voir notre article], voici la Classe R qui tord le cou elle aussi aux conventions et mêle allègrement les genres. La croissance se fait désormais à la marge en allant capter une clientèle un peu décalée, exprimant des besoins nouveaux et qui ne se reconnaît pas dans le profil social véhiculé par certains modèles : le père de famille qui veut une "vraie voiture" et refuse de rouler en monospace, le cadre supérieur qui recherche un véhicule spacieux pour transporter ses collaborateurs en semaine et du matériel de loisirs le week-end, ou enfin tous ceux qui aiment les sportives mais avec plus d'espace. Si d'autres constructeurs ont pu flairer l'opportunité de concevoir une automobile différente, Mercedes a le mérite d'être le premier à en formaliser clairement le concept... et à le concrétiser. BMW a dans ses cartons le projet d'un hybride break-monospace sportif à 6 places (surnommé V5), mais il ne devrait pas être commercialisé avant 2008. On peut également créditer Renault, l'autre grand constructeur innovant, d'avoir pressenti ce besoin avec la Vel Satis : une voiture puissante ayant le confort d'une berline et les dimensions d'un monospace... Mais il lui manque la modularité du break et surtout une sixième place, sans parler de l'esthétique quelque peu déroutante. Une mutante athlétique © DaimlerChrysler Le pare-brise très incliné et la ligne arquée du toit évoquent presque un coupé. | Plus consensuelle, la Classe R étonne mais ne déstabilise pas. Nous avons pu l'essayer en Suisse, dans les environs de Zurich, et le premier contact est plutôt impressionnant. Cette grande sœur de la Classe B surprend d'abord par sa taille : 5,15 m de long, 1,92 m de large et 1,65 m de haut. Difficile également de déterminer s'il s'agit d'un très gros break ou d'un monospace de sport... On serait tenté de parler comme certains de "break monospacisé". Selon Mercedes, le Grand Sports Tourer a été conçu pour répondre aux exigences suivantes : dynamisme et confort d'une berline de luxe, modularité d'un break, habitabilité d'un monospace et performances d'un SUV. Une gageure, mais l'esthétique de cette mutante, fruit de croisements improbables, est assez convaincante. On en oublierait presque ses mensurations imposantes. Comme pour le CLS, les designers de Stuttgart ont réalisé là une véritable prouesse stylistique. Les lignes sont élancées, dynamiques, lui conférant une allure résolument sportive. La calandre est saillante et massive. Enfin, le capot prononcé fait d'elle une voiture grand tourisme à part entière et non un monospace de plus. Entrez dans la nouvelle dimension © DaimlerChrysler 2 385 litres pour vos loisirs les plus encombrants. | La première impression est une incroyable sensation d'espace, encore accrue sur le modèle que nous avons testé par un sunroof panoramique (en option) couvrant toute la surface du toit. Un volume qui permet de disposer de 6 vraies places. Qu'on en juge : entre les sièges avant et ceux du deuxième rang (réglables individuellement), l'écart peut atteindre 990 millimètres et la séparation avec le troisième rang est de 840 millimètres. Il s'agit à chaque fois de fauteuils individuels, le deuxième rang bénéficiant d'un accoudoir central contrairement au troisième - situé sur le passage de roues -, qui n'en demeure pas moins très confortable. Idéal donc pour les familles avec 4 enfants, mais celles de 5 devront en rester au bon vieux monospace, car l'adjonction d'une 7ème place ne semble pas à l'ordre du jour chez Mercedes en raison du faible pourcentage que cette cible représente sur le marché européen. À six, le coffre conserve une dimension honorable (env. 314 litres), suffisante pour les bagages d'un week-end mais certes pas pour un séjour prolongé. À quatre, le volume de chargement est de 600 à 1000 litres. Enfin, les quatre sièges arrière peuvent se plier individuellement (mais ils ne sont pas escamotables) portant la capacité de chargement à 2 385 litres: idéal pour des vélos ou des planches de surf. Une Allemande qui nous vient d'Amérique La Classe R est fabriquée à Tuscaloosa, en Alabama, dans l'usine où est montée la Classe M. Détail qui a son importance, car on peut estimer qu'il y a 30 à 40 % de pièces communes entre les deux modèles, principalement en ce qui concerne le moteur, la boîte et les systèmes de commande. Un gage de fiabilité appréciable sur un nouveau modèle. The american touch se remarque à quelques détails comme le comodo de la boîte automatique derrière le volant (déjà sur le ML) ou comme les porte-gobelets d'une taille peu commune en Europe, pour un maxi-Coca ou une soupe auto-chauffante (on sait qu'il est fréquent pour un Américain de déjeuner dans sa voiture). Quant à la taille même du véhicule, elle semble mieux adaptée aux grands espaces américains qu'à un centre ville du vieux continent. © DaimlerChrysler Transmission intégrale et ESP® assurent la bonne tenue de route de ce gros gabarit dont la garde au sol s'abaisse à partir de 120 km / h. | La Classe R est lancée cet automne aux États-Unis avec deux motorisations : un V8 de 306 ch sur le R 500 qui atteint 100 km/h en 7 secondes et un nouveau V6 essence de 272 ch sur le R 350 qui grimpe à 100 km/h en 8,3 secondes. En Suisse où nous les avons essayés, il n'a guère été possible d'évaluer tout le potentiel de ces deux moteurs, la vitesse étant limitée à 120 km/h sur autoroute et à 80 sur route, mais nous avons pu en apprécier la vélocité sur les petites routes de montagne. Si bien sûr le V8 (hérité du ML) est d'un confort de conduite incomparable, emportant les 2,2 tonnes de la Classe R comme un fétu de paille, le V6 nous a semblé amplement suffisant et surtout plus économique. Certes la fameuse boîte à 7 rapports 7G-Tronic permet au moteur d'être moins gourmand, mais si le constructeur annonce 13,3 litres / 100 km en consommation mixte pour le V8 nous avons quant à nous pu constater que l'aiguille de la jauge s'effondrait à une vitesse vertigineuse. Là encore, cette motorisation semble davantage adaptée au marché américain. Plus sobre, le V6 annonce 11,5 litres / 100 km, en attendant le nouveau V6 diesel avec injection directe Common Rail que nous promet Mercedes pour le lancement de la Classe R en Europe début 2006.
La boîte 7G-Tronic, désormais en série sur tous les nouveaux modèles de la marque, s'est révélée très convaincante, surtout dans son utilisation manuelle grâce à des commandes sur le volant très pratiques pour une conduite en montagne. Quant à la tenue de route, nous n'avons pas constaté cette légère tendance au roulis dans les virages rencontré sur le ML, sans doute en raison d'un centre de gravité plus bas, la Classe R faisant près de 15 cm de moins en hauteur. Cela est d'autant plus remarquable que les Classe R diffusées en Europe recevront un châssis plus rigide et une direction plus franche que sur le modèle testé, destiné au marché américain. À noter également que le système Airmatic (en option) baisse automatiquement la garde au sol du véhicule à partir de 120 km / h. © DaimlerChrysler En version longue ou courte, la Classe R offre toujours 6 places avec un maximum de confort. | En attendant Francfort... Reste la question qui fâche : le prix ? Le constructeur s'est montré assez laconique sur le sujet, laissant entendre qu'il avoisinerait celui d'un ML. On est sur un créneau haut de gamme avec une voiture nouvelle et unique en son genre. Il faudra donc sans doute compter entre 50 et 60 000 euros. On en saura plus à Francfort. Francfort qui nous réserve une autre surprise : une Classe R version courte pour le marché européen. Elle devrait mesurer environ 24 cm de moins que la version longue, mais elle conservera ses 6 places sans que cela s'en ressente trop au niveau du confort, la diminution d'espace devant être répartie sur toutes les rangées de sièges ainsi que sur le coffre. Elle pèsera 60 kg de moins et, équipée d'un V6 diesel de 224 ch, elle semble déjà plébiscitée par les consommateurs européens sondés par Mercedes, au détriment de la version longue... Affaire à suivre !  |