Magazine - 15/08/05

   
     
 
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Boutons de commande des portes coulissantes
Garniture amovible
Poste de conduite
Le monument Donizetti
Bergame, la cité historique
 
 
Automobile
Peugeot 1007 : le voyage d'Italie...

Par G. Rouzeau

La Peugeot 1007 est l'une des stars de l'actualité automobile, grâce à ses deux portes latérales coulissantes à commande électrique. Peugeot l'a conçue comme une invitation à bouleverser nos habitudes automobiles. Dont acte sur les routes italiennes entre Milan et Bergame où l'accueil fut des plus chaleureux.
© Peugeot
Cette trois portes ne manque pas d'originalité avec sa gueule avant béante, sa haute caisse cubique et sa poupe plate reconnaissable au premier coup d'œil. Cette citadine a cannibalisé l'architecture monovolume (où il n'y a aucune rupture de la ligne de profil entre capot, pare-brise et pavillon) avec une réussite certaine. Dessinée par Pininfarina, designer italien associé de longue date au bureau de Peugeot, la numérotation de la 1007 transgresse la sacro-sainte règle des trois chiffres ! Il en sera ainsi dorénavant pour les voitures atypiques fabriquées par la marque au lion.
© G. Rouzeau / ViaMichelin
Des portes coulissantes qui peuvent surprendre
Avant de prendre place derrière le volant, je suis d'emblée confronté à la spécificité de ce modèle : les fameuses portes coulissantes latérales électriques. Elles dépendent d'une clef qui compte quatre boutons disposés selon les points cardinaux : à l'ouest et à l'est, ouverture et fermeture des portes électriques ; au nord et au sud, ouverture et fermeture du véhicule. Cette clef exige une certaine gymnastique intellectuelle. Avouons-le, je me suis souvent "emmêlé les pinceaux" au début. On croit verrouiller la voiture et crac ! on vient d'actionner l'ouverture de la porte coulissante. Sachant qu'il n'est pas possible d'interrompre la manœuvre avant son terme, on doit attendre l'ouverture complète avant de procéder derechef à la fermeture.
Ces grandes portes ménagent bien sûr une accessibilité exceptionnelle pour monter à bord des places avant. Elles démontrent également toute leur supériorité sur les portes classiques dans les parkings.
Il faut néanmoins savoir que la porte du passager en position ouverte occulte la trappe à essence ! En Italie, où il n'y a pas de libre service, ayez pitié du pompiste qui pourrait la chercher longtemps...
Ces portes peuvent aussi être source de belle frayeur. Alors que j'attends à un feu rouge via Certosa, non loin de l'autoroute A 4, je tripote joyeusement toutes les commandes de ma 1007. Patatras ! Je confonds le bouton lève-vitre avec celui de la portière. Le feu passe au vert et me voilà contraint de rouler porte grande ouverte jusqu'au prochain feu, ce qui est formellement interdit par la loi, mais tout à fait possible techniquement sur cette petite boîte à malices. Ce n'est qu'au-dessus de 5 km/h que l'ouverture des portes est impossible...
© G. Rouzeau / ViaMichelin
Habitabilité
Le poste de conduite qui bénéficie d'une position haute (la voiture mesure 1.60 m de hauteur) et d'une visibilité dégagée est digne d'éloges. Le volant est réglable dans les deux axes. Pour les passagers avant, l'espace est définitivement au rendez-vous. Dessin élégant et ergonomie aboutie, la planche de bord est d'emblée lisible et la plupart des commandes, certes guère nombreuses, s'offrent facilement à la manipulation. Si les rangements sont nombreux et astucieux, ils partagent tous un même défaut : leur petitesse.
La climatisation efficace s'adapte bien à une météo capricieuse qui alterne orages et soleil écrasant au pied des Alpes bergamasques. Au lecteur de CD et de MP3, je donne en pâture Lucia di Lammermoor, un opéra de Donizetti, illustre enfant de Bergame...
On aurait également pu jouer avec le fameux kit caméléo qui permet de personnaliser son véhicule en changeant les garnitures de sièges et de portes pour une autre couleur, le tout en moins de 5 minutes.
Au top de la sécurité
La 1007 a obtenu cinq étoiles aux tests EuroNCAP, distinction remarquable pour un véhicule de cette catégorie. La 1007 est en effet équipée de sept airbags de série (dont un airbag pour les genoux du conducteur placé dans la colonne de direction), une alerte sonore en cas d'oubli du port de la ceinture à l'arrière, l'allumage automatique des feux de détresse lors d'un freinage d'urgence. Il faut compter également avec un contrôle électronique de la trajectoire, un ABS et un amplificateur de freinage.

Sur la route
Disons-le tout net : j'éprouve une pointe d'appréhension en prenant l'autoroute A 4 (Turin Milan Venise) surchargée. Notre petite citadine, qui affiche quand même plus de 1200 kg, va-t-elle faire le poids face aux 38 tonnes polonais, hongrois et tchèques qui se suivent en une file impénétrable ? Sans compter les grosses cylindrées milanaises, genre Audi A8 et Porsche Cayenne, qui vous arrosent d'appels de phares à la moindre baisse de régime...
Et bien, contre toute attente, la 1007, équipée d'un remarquable 110 ch de 1,6 l, ne déçoit pas. Malgré une prise au vent latéral importante, je parviens à m'extirper du flot de camions. Ils ont tout de même une qualité, ces poids lourds : ce sont les seuls véhicules sur la chaussée à utiliser le clignotant en déboîtant ! L'automobiliste italien doit avoir accroché un chapelet au sien...
Le voyage commence bien : une camionnette de maçons calabrais salue joyeusement notre petite embarcation rouge Ferrari qui fait encore figure de nouveauté absolue sur le bitume transalpin. Bref, sur autoroute, la 1007 prouve que sa polyvalence, tant vantée par le constructeur, n'est pas un vain mot - il est vrai que je roule avec le moteur le plus performant de la gamme. Autre atout, son châssis de grande qualité, qui bénéficie de tout le savoir-faire Peugeot, lui confère un comportement routier très sain.
© G. Rouzeau / ViaMichelin
À Bergame, devant l'académie Carrare
Et en ville ?
C'est sur les pavés ancestraux de Bergame que son essence citadine s'épanche le mieux. Très maniable et agile, agréable à conduire, avec ce qu'il faut de puissance pour déjouer les pièges diaboliques du trafic urbain, la Peugeot 1007 se conduit sans efforts. Grâce à de belles surfaces vitrées, le conducteur jouit également d'une excellente visibilité. Mais, attention, la longueur de la 1007 étant ce qu'elle est (soit 23 cm de plus qu'une Twingo), on ne trouve pas de place de parking à coup sûr : ce n'est pas une Smart.
Suivant une vieille coutume bergamasque qui porte bonheur, dit-on, je décide d'aller saluer d'un coup d'avertisseur le monument dédié à Donizetti, boulevard Sentierone. Ensuite, par le viale Vittorio Emmanuele II, j'atteins la ville haute, en faisant le tour des fortifications. Là, la cité historique veille jalousement sur ses joyaux en interdisant toute circulation entre ses murs...
© G. Rouzeau / ViaMichelin
À San Pellegrino, devant le casino
Le lendemain, en route vers San Pellegrino, j'emprunte la route sinueuse S 470 qui remonte le cours du Brembo à travers le calcaire des Alpes bergamasques. Dans les côtes les plus raides, la transmission de la boîte automatique 2 Tronic (déclinaison de la Sensodrive des C2 et C3) peine parfois à trouver le bon rapport, provoquant des à-coups désagréables.
Arrivé dans la ville hydrominérale qui produit une eau de table gazeuse célèbre exportée dans le monde entier, je gagne le casino construit en 1906, magnifique exemple de style Liberty. Deux livreurs m'interpellent : "A che bella machina. E spaciosa !"
C'est un fait, la Peugeot 1007 plaît beaucoup. Mais il faut savoir que l'innovation et la sécurité (voir encadré) ont un coût. En effet, le prix de la gamme va de 13750 € à 17650 €.
Fiche technique
Peugeot 1007 1,6 l 110 ch 2-Tronic

Type de moteur 4 cylindres en ligne
Cylindrée (cm3) 1587
Boîte robotisée à 5 rapports
Puissance maxi (ch à tr/min) 110 à 4000
Couple maxi (Nm à tr/mn) 147 à 4000
Vitesse (km/h) 190
Poids (kg) 1216
Réservoir (l) 40
Consommation (l/100 km) cycle urbain / extra-urbain / mixte 8,6 / 5,4 / 6,6