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Magazine - 01/05/05

   

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Stanislas
Arc de triomphe
Pépinière
Beaux-Arts
Graineterie
Excelsior
 
 
Tourisme et Gastronomie
Les Lumières de Nancy

Par I. Gardy

Le 6 mai prochain, la place Stanislas fêtera son 250ème anniversaire. Entièrement rénovée, la célèbre esplanade sera rendue aux piétons. L'occasion idéale pour partir, le temps d'un week-end, à la découverte de l'ancienne capitale des ducs de Lorraine...
De la Ville-Vieille à la Ville Royale
© Ville de Nancy
La porte de Craffe (1336) est la plus ancienne porte de Nancy.
Aux environs de l'an mil, le duc Gérard d'Alsace, fondateur du duché de Lorraine, décide d'établir une petite place forte du nom de Nanciacum. Entre le 12e et le 15e s., Nancy devient capitale du duché et se dote de fortifications. Les ducs de Lorraine se succèdent et embellissent la ville qui correspond aujourd'hui à ce que l'on appelle la Ville-Vieille. C'est l'époque où sont édifiés le Palais ducal, la porte de la Craffe et la basilique St-Epvre.
La Ville-Neuve est fondée par Charles III à la fin du 16e s. dans un style complètement différent de la Ville-Vieille avec notamment des rues qui se coupent à angle droit. La Primatiale (actuelle cathédrale) est construite, ainsi que l'église Notre-Dame-de-Bonsecours. Les guerres de Religion conduisent Nancy à renforcer ses fortifications et la Ville-Neuve se dote ainsi d'un ensemble fortifié indépendant de la Ville-Vieille.
En 1736, le roi de France, Louis XV, acquiert la Lorraine et y établit son beau-père, Stanislas Leszczynski. Amateur d'art et de sciences, le monarque polonais va parer la ville de ses plus belles places : la place Royale (aujourd'hui place Stanislas), la place de la Carrière et la place d'Alliance. À sa mort, en 1766, la Lorraine devient française.
Il faudra attendre 1983 pour que la Ville Royale (place Stanislas, place de la Carrière et place d'Alliance) soit classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Une reconnaissance méritée...
Nancy 2005, le temps des Lumières
L'inauguration de la toute nouvelle place Stanislas le 6 mai prochain sera également l'occasion de lancer officiellement les manifestations de Nancy 2005, le temps des Lumières. Au total, ce sont plus de 100 manifestations qui se dérouleront jusqu'à la fin de l'année. Arts de la scène, expositions, animations urbaines, ateliers, cinéma, il y en aura pour tous les goûts ! Sélection...
  • De l'esprit des villes : Nancy et l'Europe urbaine au siècle des Lumières, 1720-1770 (musée des Beaux-Arts, 7 mai - 21 août 2005)
    Plus de 160 œuvres (maquettes, peintures, sculptures, dessins, etc.) témoigneront des transformations et embellissements qu'ont connu Nancy et d'autres villes durant le siècle des Lumières.
  • Avenirs de ville (site Alstom, 7 mai - 21 août 2005)
    Complémentaire de l'exposition précédente, Avenirs de ville mettra en lumière la ville contemporaine et celle du futur.
  • Tous à la barre et banquet des Lumières (25 juin 2005)
    Les danseurs du ballet de Nancy vous inviteront à les rejoindre à la barre, place Stanislas... Après l'effort, vous pourrez vous restaurer dans l'un des restaurants du centre ville qui auront élaboré pour l'occasion des menus gastronomiques typiques du 18e s.
  • Le Cadre Noir de Saumur (château de Lunéville, 22-23 juil. 2005)
    Evénement exceptionnel de grande qualité artistique qui séduira petits et grands...
  • Déballez vos masques ! (24 sept. 2005)
    À l'occasion de ce grand bal masqué, l'Opéra de Nancy et de Lorraine procèdera à un déstockage de ses costumes (les dons seront reversés à l'association AIDES).
  • Le 4 décembre prochain, la fête de la saint Nicolas clôturera une année riche en festivités.


S'imprégner de la ville
Nancy se visite aisément à pied. Nous vous conseillons donc de garer votre voiture dans l'un des parkings qui borde la place Stanislas.
Avant de commencer votre balade, faîtes un petit tour à l'Office de tourisme. Installé au rez-de-chaussée de l'hôtel de ville, il vous fournira conseils et documentation dans la langue de votre choix (français, anglais, allemand, néerlandais, espagnol ou norvégien).
© Ville de Nancy
La place Stanislas, joyau de la ville.
Construite à la frontière de la Ville-Vieille, au Nord, et de la Ville-Neuve, au Sud, la place Stanislas est le véritable poumon de la ville. En 1752, Stanislas Leszczynski décide d'établir une place royale en l'honneur de son gendre, Louis XV. Après trois années de travaux menés par l'architecte Emmanuel Héré, la place est inaugurée en 1755, avec, en son centre, une statue de bronze de Louis XV (disparue à la Révolution, la statue est remplacée en 1831 par celle Stanislas). Mais, si la place est connue dans le monde entier, c'est grâce à ses grilles de fer forgé rehaussées de feuilles d'or réalisées par Jean Lamour... Un vrai petit bijou ! L'hôtel de ville, le Grand Hôtel, l'Opéra de Nancy et le musée des Beaux Arts entourent la place.
La place se refait une beauté
Depuis l'été 2004, la place Stanislas est en travaux. À l'occasion de son 250ème anniversaire, les Nancéiens la (re)découvriront telle qu'elle était à l'origine. La place a été recouverte de pavés en calcaire provenant de Croatie rappelant la couleur d'origine du pavage, les façades ont été rénovées et les grilles redorées (certains n'hésitaient pas à venir les gratter afin de récupérer quelques grammes d'or...) Les 6 et 7 mai seront placés sous le signe de la fête : embrasements, sons et lumières seront de la partie !

Construit au milieu des remparts qui séparaient la Ville-Neuve de la Ville-Vieille, l'Arc de triomphe occupe la partie Nord de la place Stanislas. Il honore lui aussi Louis XV, en évoquant l'antagonisme du personnage : le "Prince pacifique" (partie gauche) et le "Prince victorieux" (partie droite).
 
Créée au 16e s., la place de la Carrière était à l'origine un lieu de jeux équestres. Au 18e s., Stanislas confie à son architecte, Emmanuel Héré, la construction du Palais de l'Intendance (aujourd'hui Palais du Gouvernement) bordé par un hémicycle à colonnes. La place, aux allures nobles, est entourée de beaux hôtels bourgeois du 18e s.
 
Rejoignez la place Vaudémont et admirez au passage la statue de Jacques Callot (1593-1635), célèbre graveur nancéien. Empruntez ensuite la Grande Rue, ancienne rue principale au Moyen Âge, pour rejoindre le Palais ducal. C'est l'heure de déjeuner ? Faîtes une pause rue des Maréchaux. Surnommée rue Gourmande, cette artère est très prisée à l'arrivée des beaux jours (nombreuses terrasses de cafés et de restaurants).
© Ville de Nancy
La porterie du Palais ducal mêle élégamment art gothique et Renaissance.
Ancienne résidence des ducs de Lorraine au 16e s., le Palais ducal abrite aujourd'hui le Musée historique lorrain. Admirez la porterie* (16e s.) qui mêle élégamment l'art gothique et la Renaissance italienne. Prenez le temps de parcourir ce musée exceptionnel qui vous éclairera sur le riche passé historique de la Lorraine.
Autrefois reliée au palais Ducal par un passage couvert, l'église des Cordeliers est surnommée le "Saint-Denis" des ducs de Lorraine. L'église conserve en effet quelques très beaux tombeaux : Jacques Callot y est inhumé avec son père, ainsi que René II et sa seconde femme, Philippa de Gueldre.
Attenant à l'église, le couvent des Cordeliers abrite le Musée des arts et traditions populaires.
© Ville de Nancy
Ne manquez pas la collection des verreries Daum...
Avant de rejoindre le musée des Beaux-Arts, place Stanislas, traversez la Pépinière. Cette ancienne pépinière royale créée en 1765 à l'initiative de Stanislas est aujourd'hui un lieu de détente apprécié des Nancéiens. Hêtres pleureurs, hêtres pourpres, séquoias géants, tulipiers et autres magnolias peuplent cette agréable promenade de 22 ha.

Créé en 1793, le musée des Beaux-Arts a été magnifiquement agrandi et rénové en 1999. Les différents courants de l'art européen du 14e s. au 21e s. y sont représentés. Vous pourrez ainsi admirer des œuvres signées Le Tintoret, Le Caravage, Rubens, Delacroix, Modigliani, Picasso, Rodin, Maillol, Zadkine et Cézanne. Les artistes locaux tels Emile Friant, Francis Gruber, Le Lorrain et Jacques Callot sont également largement présents.
Mais le clou du spectacle est au sous-sol... Les travaux d'agrandissement menés à la fin des années 1990 ont permis la mise à jour de vestiges de fortifications du 15e au 17e s. C'est dans cette scénographie admirable qu'est présentée la collection des verreries Daum : plus de 300 pièces uniques qui retracent les 100 ans de production de la célèbre manufacture nancéienne. À voir absolument !

Nancy, capitale de l'Art nouveau
À la fin du 19e s., Nancy devient l'une des capitales européennes de l'Art nouveau grâce notamment à l'influence de l'école de Nancy.
La fabuleuse aventure de l'école de Nancy
Influencé à l'origine par les styles néo-gothique et japonais (ne vous étonnez pas de croiser de nombreux Japonais dans les rues de Nancy...) en réaction contre le style classique dominant à l'époque, l'Art nouveau va renouveler les arts décoratifs, puis l'architecture, en s'inspirant de la nature et de la flore.
À la fin du 19e s., Émile Gallé (1846-1904), verrier et céramiste de renom, regroupe autour de lui toute une pléiade d'artistes au sein de cette fameuse école de Nancy. Les frères Daum, Louis Majorelle, Eugène Vallin, Victor Prouvé et Jacques Gruber feront partie de cette fabuleuse aventure...
La première partie du circuit se situe dans le centre de Nancy et peut donc se faire à pied. Comptez environ 2 heures.
 
Fabricant de chapeau de paille, Henri Camal demande en 1904 à Émile André de lui construire une maison (5 r. saint-Julien). Ce sera le seul immeuble à vocation commerciale de l'architecte qui va utiliser une structure métallique permettant ainsi de pratiquer une large ouverture en "anse de panier" au rez-de-chaussée. Au numéro 7 de la même rue, le Casino des Familles fut construit en 1902 par Louis Lanternier.

La façade classique du Crédit Lyonnais (7 bis r. St-Georges) ne mérite pas que l'on s'y attarde... La surprise est à l'intérieur ! En 1901, Jacques Gruber crée pour la banque la plus grande verrière de l'école de Nancy, soit 250 m². La verrière échappe à la destruction en 1976 grâce à l'intervention des Monuments Historiques.
 
Henri Aimé, médecin, musicien, poète et homme politique se fait construire en 1903 un immeuble au centre du quartier commerçant de Nancy (42-44 r. St-Dizier) par Georges Biet et Eugène Vallin. Afin de réaliser un bâtiment à la fois sobre et élégant, les architectes utilisent une structure métallique recouverte de pierres sculptées. L'édifice accueille aujourd'hui la Société Générale.
© I. Gardy / ViaMichelin
La banque Charles Renauld
Au 52 de la rue St-Jean, surprenant immeuble qui abritait jadis la graineterie de Jules Génin (1900-1901). La structure métallique du bâtiment est représentative du courant rationaliste en vogue à l'époque.
Un peu plus haut dans la même rue, arrêtez vous devant la banque Charles Renauld (58 r. Saint-Jean). La structure du bâtiment, en béton, est recouverte de pierre de taille et d'une charpente métallique. À l'intérieur, le hall a conservé une partie de son mobilier d'origine ainsi que les ferronneries de Majorelle.
 
En sortant de la banque, prenez tout de suite à droite. Au bout de la rue Chanzy, vous tomberez nez à nez avec la Chambre de commerce et d'industrie (40 rue Henri-Poincaré). Cet édifice néo-classique fut transformé en 1908 par l'école de Nancy. Jacques Gruber ajouta de remarquables vitraux aux fenêtres du rez-de-chaussée et Louis Majorelle para l'intérieur de splendides ferronneries.
 
À deux pas de là, faîtes une pause café à la Brasserie Excelsior (50 r. Henri-Poincaré). Lucien Weissenburger, Louis Majorelle, Antonin Daum et Jacques Gruber ont participé au décor de cette étonnante brasserie Art nouveau.
Nous vous conseillons de faire la deuxième partie de la balade en voiture ou d'emprunter un taxi (les taxis nancéiens reçoivent une formation sur l'Art nouveau et pourront aisément vous guider d'une villa à l'autre). Comptez une demi-journée.
© Ville de Nancy
La maison Bergeret
En 1903, l'imprimeur nancéen Albert Bergeret confie la construction de sa maison (24 r. Lionnois) à ses amis de l'école de Nancy. L'architecte Lucien Weissenburger s'attelle à la tâche ainsi que Louis Majorelle (ferronneries), Eugène Vallin (menuiseries), Jacques Gruber (vitraux) et Victor Prouvé (décoration). L'imprimeur va dépenser l'équivalent de près de 1,5 million d'euro (!) actuels et fera réaliser quelques-unes des œuvres maîtresses de l'école de Nancy.
 
Désireux de construire un quartier Art nouveau aux portes de Nancy, le promoteur Jules Villard se lance au début du 20e s. dans le projet du parc de Saurupt. Malheureusement le projet ne connaîtra pas le succès escompté mais les quelques villas construites méritent néanmoins le détour comme la villa des Glycines (5 r. des Brice), remarquable pour ses ouvertures, la villa des Roches (6 r. des Brice) construite en pierre meulière par Emile André pour lui-même, la villa Marguerite (3 r. du colonel Renard) et la villa Lang (1 bd Georges-Clémenceau).
 
Pour vous rendre à la villa Majorelle, nous vous conseillons de faire un petit détour par la rue Félix-Faure et d'admirer au passage les 17 maisons construites par l'architecte César Pain (1872-1946).
 
En 1898, Louis Majorelle confie la construction de sa maison (1 r. Louis Majorelle) à son ami l'architecte parisien Henri Sauvage. La villa Majorelle est la première maison résolument Art nouveau de Nancy. Plusieurs artistes ont collaboré à ce chantier : Louis Majorelle lui-même pour les ferronneries et les boiseries, le céramiste Alexandre Bigot et le peintre-verrier Jacques Gruber (visite possible en réservant auprès du musée de l'école de Nancy).
 
Notre balade Art nouveau s'achève au musée de l'école de Nancy, installé dans l'ancienne propriété d'Eugène Corbin. La majorité des artistes de la célèbre école (Majorelle, Prouvé, Vallin, Gruber et Daum) y sont représentés à travers leur mobilier et leurs créations de céramique, de cuir et de verre. Dans le jardin, l'étonnant aquarium conçu par Weissenburger semble avoir été inspiré par les folies du 18e s.
 
* Ancienne loge du concierge
Informations pratiques
Office de tourisme de Nancy
Pl. Stanislas. Tél. : 03 83 35 22 41
www.ot-nancy.fr
Nous remercions l'Office de tourisme pour son accueil chaleureux.

Nancy 2005, le temps des Lumières
Retrouvez le programme détaillé de l'ensemble des manifestations sur le site : www.nancy2005.fr
Les places pour les différentes manifestations de Nancy 2005 sont en vente à l'Office de tourisme de Nancy, dans le réseau Fnac et sur les lieux des manifestations.
 
Venir à Nancy
En voiture : pour calculer votre itinéraire...
En train : gare de Nancy, à 10 mn à pied de la pl. Stanislas. Avec l'arrivée du TGV en 2007, la place Stanislas ne sera plus qu'à 1h30 de la tour Eiffel
Pour l'instant, Nancy est à 2h40 de Paris, 1h15 de Strasbourg et 2h30 de Dijon.

 
Découvrir
Musée des Beaux-Arts
3 pl. Stanislas. Tél. : 03 83 85 30 72
Musée de l'école de Nancy
36-38 r. du Sergent Blandan. Tél. : 03 83 40 14 86

Se restaurer
Brasserie Excelsior
50 r. Henri Poincaré. Tél. : 03 83 35 24 57
Cuisine brasserie préparée et servie avec efficacité.

Sélection Guide MICHELIN 2005
Mirabelle
24 r. Héré. Tél. : 03 83 30 49 69
Cuisine au goût du jour et séduisante carte des vins.

Gourmandises
Batt Chocolats
40 r. St Georges, tél. : 03 83 35 70 00
Maître confiseur qui a remis au goût du jour la recette des "Babas de Stanislas".
Maison des Sœurs Macarons
21 r. Gambetta. Tél. : 03 83 32 24 25
Découvrez la recette originale des macarons qui se perpétue à Nancy depuis le 18e s.

Se loger
Nancy participe à l'opération "Bon week-end en ville". Pour deux nuits passées dans l'un des hôtels participant à l'opération, vous n'en payez qu'une (arrivée le vendredi ou le samedi). Renseignements auprès de l'Office de tourisme.
Nous avons testé le Crystal, entièrement rénové, moderne et soigné ; idéalement situé 5 mn de la gare et à deux pas de la rue St-Jean.
5 r. Chanzy. Tél. : 03 83 17 54 30