| | | | | | Cliquez sur la photo pour l'agrandir         | |  | |  | | Tourisme et Gastronomie Vienne est une fête Par E. Tresmontant À l'occasion de la sortie du premier Guide MICHELIN® Autriche, nous sommes allés explorer pour vous l'ancienne et prestigieuse capitale des Habsbourg. Sous la neige et à l'approche de Noël, cette ville féerique et chargée d'histoire a gardé intacte toute la force de sa séduction. © Wien-Tourismus Le Christkindlmarkt de Vienne fut créé en 1278 par le Roi Rodolphe 1er de Habsbourg. | C'est l'hiver, peut-être, que Vienne nous fait le plus rêver ! Pendant que la neige tombe sur le Christkindlmarkt, le plus ancien marché de Noël d'Europe ( voir notre article), il faut aller se réchauffer dans l'un des nombreux cafés viennois Belle Époque, goûter le vin nouveau dans les guinguettes de Grinzing et flâner dans les rues illuminées qui entourent la Stephansdom (cathédrale Saint-Étienne), le vrai centre de Vienne. Le palais Coburg est également un lieu magnifique qui, depuis sa restauration fin 2003, offre l'une des plus prestigieuses tables de Vienne. Enfin jusqu'au 31 janvier, la capitale autrichienne rend hommage au peintre Egon Schiele, mort à 28 ans en 1918, et dont les paysages de Bohême sont présentés au public pour la première fois. La Quintessence de Vienne  | |  | | À partir du 15 décembre 2004, vous pourrez accéder gratuitement et en 5 langues à la version numérique du Guide Michelin® Autriche dans la rubrique Guide Michelin / Restaurants de ViaMichelin. 3 320 hôtels et restaurants ont été sélectionnés sur tout le territoire autrichien. 48 restaurants ont été gratifiés d'une étoile, 4 de deux étoiles, et 145 ont obtenu le logo "Bib gourmand" qui récompense un bon rapport qualité-prix. Pour accéder à toutes ces informations présentées en exclusivité sur notre site, il suffit de vous inscrire dans la rubrique "Mon ViaMichelin" ( voir notre article). | |  | |  | Avec ses 2 millions d'habitants, Vienne semble se dilater et s'étendre dans toutes les directions à la surface d'une plaine qui, à l'Est, donne sur les steppes hongroises et les Petites Carpates. Vienne, pourtant, a souvent donné aux voyageurs l'impression d'être un gros bourg. Son centre historique, en effet, est tout entier contenu à l'intérieur du Ring, une sorte d'avenue périphérique tracée au 19e s. en lieu et place des anciennes fortifications. C'est cette Vienne-là, le dos tourné au Danube et le regard porté vers les Alpes, que nous vous proposons de parcourir ! Si vous n'avez qu'un long week-end à disposition, voici les principales curiosités à visiter. Le vrai centre mais aussi le symbole de la ville est incontestablement la Stephansdom (cathédrale Saint-Étienne) dont les huit siècles d'existence se lisent aisément à travers les différents styles architecturaux (roman, gothique, baroque). Vous pourrez accéder à la plate-forme panoramique (73 m de hauteur) en ascenseur et, de là, apercevoir les crêtes du Kahlenberg et la plaine orientale du Danube. © Wien-Tourismus / Wilfried Gredler-Oxenbauer La Riesenrad (Grande Roue) | Autre symbole universel immortalisé par Le Troisième Homme de Carol Reed, tourné en 1949 avec Orson Welles, la Riesenrad (Grande Roue) élève lentement ses cabines au-dessus du Prater, le gigantesque parc public de la ville. Parmi les immenses palais édifiés par la dynastie des Habsbourg, le Palais Hofburg est une ville dans la ville ! Outre des joyaux et des œuvres d'art, il abrite aussi la célèbre Spanische Reitschule, la haute école espagnole d'art équestre dont les origines remontent au 16 e s. ( voir notre article). À deux pas de la cathédrale, le Fleischmarkt est le plus vieux quartier de Vienne (marché des bouchers créé en 1220) qui a conservé plusieurs vestiges gothiques et des façades du 17 e s. Schubert, Brahms, Schumann, Wagner y vécurent. Le soir, ses cafés et ses tavernes font partie des lieux les plus animés de la capitale. Autre lieu incontournable à Vienne : le monumental Kunsthistorische Museum abrite l'une des plus importantes collections de peinture du monde (dont 14 toiles de Brueghel l'Ancien), constituée au fil des siècles par les Habsbourg. Les kaffeehäuser, une institution viennoise © E.Tresmontant / ViaMichelin Le Central et sa hauteur de plafond impressionnante. | Ce sont les Turcs, qui les ont assiégé à deux reprises, qui ont donné aux Viennois le goût du café. Depuis le 18e s., la kaffeehäus (littéralement "maison du café") est ici un des éléments essentiels de la vie quotidienne. À la fois lieu de rendez-vous et salle de lecture (on peut y "consommer" toute la presse internationale), le café attire toutes les couches de la société viennoise : on s'y retrouve pour parler affaires, flirter, jouer au billard... Pour un visiteur étranger, la surprise commence avec la chaleur intimiste du lieu, qu'il s'agisse de simples banquettes comme au Bräunerhof (le café préféré de Thomas Bernhard), ou d'un décor somptueusement Art nouveau comme l'est celui du mythique Café Central (fréquenté autrefois par Stephan Zweig et Robert Musil). La manière qu'ont les garçons de servir le café mérite aussi le coup d'œil : avec une certaine emphase, ils vous apportent votre tasse sur un plateau d'argent accompagné d'un verre d'eau sur lequel est posée une cuillère. Traditionnellement, la carte des cafés ne compte pas moins d'une vingtaine de préparations différentes ! Du simple moka serré et sans lait au mazagran (café froid servi avec des glaçons et du rhum) en passant par le franziskaner (grand crème couronné de chantilly), le fiaker (un moka servi dans un verre avec du rhum), le kaisermelange (café avec un jaune d'œuf et du cognac) ou le délicieux einspänner (café noir dans un verre avec de la crème chantilly)... Il y en a pour tous les goûts ! La kaffeehäus offre aussi généralement un grand choix de pâtisseries viennoises dont le célèbre apfelstrudel, délicieux chaud avec de la crème chantilly ! Vous pourrez en déguster de merveilleux chez Demel, la plus ancienne pâtisserie de la ville située à deux pas de la cathédrale Saint-Étienne. Demel fait aussi office de café ; vous y admirerez, à travers une vitre donnant sur le laboratoire, comment les pâtissiers enseignent aux apprentis l'art d'étirer la pâte fine comme du papier à cigarette, de la fourrer avec des pommes et de la rouler. Un vrai spectacle !  | |  | | Le génie viennois Qu'il s'agisse de Mahler, Schönberg, Klimt, Schiele, Schnitzler, Robert Musil ou Sigmund Freud, tous trouvèrent à Vienne un climat favorable à leur expression. C'est que, comme nous le raconte Stephan Zweig, vingt nationalités y vivaient alors en paix, favorisant le brassage des cultures, des idées et des religions : "Vienne n'était pas arrogante, elle ne voulait pas imposer au monde la dictature de ses moeurs, de sa façon de penser." Ce modèle de tolérance et cet âge d'or de la culture européenne, c'est aussi cela Vienne ! | |  | |  | Vienne et le vin, une histoire d'amour Vienne est la seule capitale au monde à pouvoir vraiment affirmer une communauté de destin avec le vin puisqu'elle compte aujourd'hui 700 hectares de vignobles. Traversés par les lignes de tramway et cernés par des quartiers résidentiels, ceux-ci sont principalement répartis sur les collines qui bordent le Sud-Ouest de la ville. Heurigen, ici, est un mot qui désigne à la fois le vin nouveau (que l'on déguste dans une choppe dès le mois d'octobre) et la guinguette où il est servi. En vertu d'un ancien décret impérial du 18e s., chaque vigneron a en effet le droit de vendre son propre vin (et uniquement celui-ci !) dans une taverne où il sera consommé sur place avec un bauernschmaus (un plat d'origine paysanne composé de saucisses de Francfort, de porc rôti ou fumé, de jambons et de boulettes). Sous les treilles ou à l'intérieur de grandes salles boisées, de jolies serveuses vêtues d'un habit traditionnel vous apportent le vin, pendant que des musiciens jouent des airs typiquement viennois. Les heurigen n'ouvrent que le soir. Par-delà l'aspect folklorique, les amateurs de vins authentiques pourront y déguster le grüner veltliner, un vin vif et épicé typiquement autrichien. Les Viennois, de surcroît, aiment sincèrement ces lieux populaires qui leur rappellent un passé bucolique et n'hésitent pas à y célébrer leurs mariages ou à s'y donner rendez-vous pour des repas d'affaires. Vous accéderez aux coquets villages viticoles de Neustift, Grinzing, Sievering, Nussdorf ou Heiligenstadt (où Beethoven vécut et composa sa Sixième Symphonie !) en empruntant le métro jusqu'à Heiligenstadt. Une cuisine bourgeoise qui sent bon les fourneaux de grand maman © Palais Coburg Le palais Coburg abrite l'une des plus belles tables de la ville. | Originaire essentiellement de Hongrie, de Slovaquie et de Bohême, la cuisine viennoise telle qu'elle s'est développée dans le cadre de l'Empire austro-hongrois est le type même d'une cuisine bourgeoise qui a traversé le siècle... sans passer par la case "nouvelle cuisine" ! Entre l'Erdäpfel Gulash (un ragoût de pommes de terre servi avec des saucisses de Francfort) et le Tafelspitz mit G'röste (bœuf bouilli accompagné de pommes de terre sautées et d'une purée de raifort), le Wiener Schnitzel (l'escalope viennoise) et l'incontournable Leberknödelsuppe (bouillon de bœuf parfumé au foie) servi en début de repas, vous allez vite comprendre que vous n'êtes pas là pour un régime minceur ! Un établissement légendaire toutefois, le Zum Schwarzen Kameel, fait une exception à la règle. En apparence, rien n'a changé depuis 1900, du décor Art nouveau aux bacchantes du maître d'hôtel. En réalité, la jeune et timide Martina Willmann a su donner aux spécialités viennoises les plus traditionnelles une étonnante légèreté. Le thon mariné au gingembre et aux champignons et l'agneau de Styrie aux champignons, au miel et au thym sont un délice ! La vivacité du grüner veltliner du village de Grinzing fait quant à lui merveille sur son filet de loup aux épinards et au beurre de câpres. Vous trouverez ainsi dans la sélection du Guide Michelin® un certain nombre d'établissements qui proposent une cuisine typiquement viennoise (voir renseignements pratiques).  | |  | | Le palais Coburg © Palais Coburg Le salon jaune du palais Coburg. | Ouvert en novembre 2003 après des années de travaux colossaux, le palais Coburg, construit en 1857 sur les anciennes fortifications de la ville, est un lieu magique qu'il faut absolument visiter. Imaginez le palais de Sissi transformé en un hôtel de luxe à Las Vegas ! Ce palais était au 19e s. la propriété de la famille Saxe-Coburg-Gotha, liée par le sang à toutes les familles régnantes d'Europe de la reine Victoria à Louis-Philippe en passant par le roi du Portugal et le roi des Belges. Le propriétaire actuel, après avoir fait fortune dans la banque, a transformé ce bâtiment historique en un gigantesque hôtel de luxe, faisant appel aux meilleurs artisans d'Europe. Vous pourrez y prendre un verre et demander à visiter la piscine, le jardin d'hiver, la salle de bal (où Johann Strauss dirigeait ses propres valses) et la suite de la Reine Victoria. Formé chez quelques-uns des plus grands chefs de Suisse et de France, Christian Petz y propose une cuisine internationale de haut standing : huître en gelée et sa brandade de turbot, joues de porc aux lentilles et aux truffes noires, crêpe soufflée aux abricots... La carte des vins du palais Coburg est proprement inouïe à l'image de la cave voûtée dans laquelle des milliers de grands crus mythiques sont entassés jusqu'au plafond ! | |  | |  | Egon Schiele au Leopold Museum © Wien-Tourismus / Popp & Hackner Situé dans le quartier des diplomates, le Belvédère abrite les chefs-d'oeuvre de la peinture autrichienne (Klimt, Schiele, Kokoschka). | Situé à côté des anciennes écuries impériales de Sissi, aujourd'hui dédiées à l'art moderne et contemporain, le Leopold Museum présente pour la première fois au monde, 90 peintures, huiles, esquisses et gouaches d'Egon Schiele (1890-1918) provenant pour la plupart de collections privées. Quand on parle de peinture viennoise, on pense bien sûr d'abord à Klimt (1862-1918), dont les principaux chefs-d'œuvre (Le Baiser, Adam et Eve, etc.) sont exposés à l'Österreichische Galerie Belvedere. Plus tourmenté et moins "décoratif", Egon Schiele est aujourd'hui encore surtout connu pour ses nus. Or ce peintre précoce, dont l'essentiel de l'œuvre fut réalisé entre 1911 et 1915, est aussi l'auteur d'une multitude de paysages de Bohême, méconnus du grand public, et qui font de lui un maître de l'expressionnisme. Paysages, arbres et maisons sont figurés par l'artiste comme des êtres humains. On ne sait pas quand cette exposition sera présentée à l'étranger, alors, un conseil, ne la manquez pas ! (jusqu'au 31 janvier 2005).  | |  | | Renseignements pratiques Office de Tourisme de la Ville de Vienne
A-1025 Wien. Tél. : 0043 - 1 - 24 555, fax : 0043 - 1 - 24 555-666. www.vienne-Autriche.info Café Bräunerhof1 er arr., Stallburgasse 2. Tél. : 512 38 93 Café Central1 er arr., Herrengasse 14. Tél. : 533 37 64 Pâtisserie Demel1 er arr., Kohlmarkt 14. Tél. : 535 17 17. Cuisine viennoiseZum Schwarzen Kameel ("Bib gourmand")Bognergasse 5, 1010. Tél. : (01) 5 33 81 25 www.kameel.at PlachuttaWollzeile 38, A - 1010. Tél. : (01) 5 12 15 77. Zum weißen RauchfangkehrerWeihburggasse 4, A - 1010. Tél. : (01) 5 12 34 74. Drei HusarenWeihburggasse 4, A - 1010 Tél. : (01) 51 21 09 20. Sur le palais Coburg : www.palais-coburg.com Sur Egon Schiele et le "MuseumsQuartier Wien" : www.leopoldmuseum.orgwww.mqw.at | |  | |  |  |