| | | | | | Cliquez sur la photo pour l'agrandir        | |  | |  | | Automobile Week-end à Gstaad... et en SLK Par E. Boucher Pour tester le nouveau petit roadster chic de Mercedes, il fallait une destination élégante, des routes un peu difficiles qui mettraient à l'épreuve la sportivité de cette belle bête tout en muscles... De l'air pur aussi, car nous étions bien décidé à profiter de l'ingénieux toit rétractable et à rouler la tête dans les étoiles. Alors pourquoi pas la Suisse, les Alpes vaudoises avec un crochet par Gstaad ! Des paysages que l'on connaît surtout dans la féerie de l'hiver mais que l'automne réinvente... Et si on repartait en vacances ? Ce circuit de 90 km se fait aisément dans la journée. Mais pour en profiter pleinement, nous vous conseillons de prévoir 2 jours. Pour voir la carte de Gstaad et des environs . © E. Boucher / ViaMichelin Entre Gstaad et Gsteig : le gris très chic de Mercedes et des montagnes mauves comme dans une pub pour le chocolat Milka. | C'est une Mercedes et c'est un SLK, difficile de résister au plaisir de l'admirer, de faire le tour du propriétaire avant de prendre la route. La nouvelle version du roadster s'est affinée. La précédente, lancée en 1996, était légèrement empâtée avec ses formes un peu carrées, ce qui n'a pas empêché Mercedes d'en vendre 308 000 exemplaires, dont près de 9 000 en France. Un vrai succès qu'il s'agissait de capitaliser. C'est chose faite avec ce nouveau SLK beaucoup plus racé : son capot allongé et plongeant lui donne un profil en lame de couteau, nez pointu avec un axe central qui n'est pas sans rappeler sa grande sœur la SLR McLaren. L'arrière, court et résolument musclé, arbore des formes plus arrondies et deux jolies sorties d'échappement chromées. Paradoxalement, le nouveau modèle semble avoir gagné en féminité en même temps qu'en puissance : une athlète de haut niveau... Des mensurations plus imposantes avec + 7,2 cm en longueur à 4,08m et + 6,5 cm en largeur à 1,78m. Même à l'arrêt, notre SLK 200 Kompressor semble dans les starting-blocks, prêt à bondir. Moteur ! Direction Genève et la région du Léman à laquelle se rattachent les Alpes vaudoises (Suisse romande). Il faudrait s'attarder sur les rives du lac, faire halte à Lausanne, Montreux, Chillon... Peut-être au retour ? Pour l'heure, nous sommes pressés de voir ce que notre roadster a dans le ventre et de monter à l'assaut des cimes. On cinglera donc directement sur Aigle par les autoroutes A1 puis A9. D'Aigle au col du Pillon © E. Boucher / ViaMichelin Le château d'Aigle accueille le musée de la vigne et du vin. | Aigle, point de départ idéal pour notre circuit dans les Alpes vaudoises, se situe dans la plaine à la pointe Est du lac Léman. La ville offre à l'appétit du promeneur quelques belles rues, dont la pittoresque rue de Jérusalem, étroite et bordée de maisons anciennes reliées entre elles par des passerelles couvertes. Mais notre coup de cœur, c'est assurément le château d'Aigle qui monte la garde au milieu des vignes avec en arrière-plan le décor grandiose des montagnes. Cet ancien fief savoyard (13e - 15e s.) accueille aujourd'hui le Musée de la vigne et du vin. Il défend désormais les couleurs du vignoble chablaisien dont il est en quelque sorte l'emblème : un terroir dominé à 80% par un seul cépage, le chasselas qui peut atteindre une maturité exceptionnelle autour d'Aigle et d'Yvorne, donnant des vins d'une qualité très minérale. Vous quitterez Aigle par la route 11 en direction de Leysin. Très vite la pente devient raide avec de nombreux lacets : des vignes accrochées à des coteaux abruptes pendant quelques kilomètres, puis des gorges étroites et boisées. Si vous n'avez pas décapoté, il est temps de le faire : un bouton sur la console centrale et le toit disparaît dans le coffre... Une autre façon de vivre la route, un régal de tous les sens : l'air recyclé de la climatisation fait place à des odeurs de foins, de sous-bois, de champignons, de mélèzes et d'épicéas. Le moteur du SLK est si doux, l'intérieur si feutré que l'on glisse le nez au vent tout en discernant le craquettement des grillons, le tintement des cloches des vaches... Une acoustique qui permet d'écouter sa discographie préférée dans de bonnes conditions, même en configuration cabriolet. Environ 11 km après Aigle, au niveau de Le Sépey, tournez à gauche en direction de Leysin. Commencent alors 4,5 km d'une route très sinueuse avec par endroits une déclivité à 11%. Mais le 4 cylindres à compresseur de la Mercedes réagit bien. Il développe 163 ch associés à une boîte manuelle 6 rapports bien découplée : la 2ème monte jusqu'à 81 km/h et la 3ème jusqu'à 117 km/h. Vous pouvez quasiment faire toute l'ascension sans quitter la 3ème. Voici Leysin : la petite station à 1 300 m d'altitude jouit d'un ensoleillement exceptionnel et d'un très beau panorama mais, pour un spectacle plus époustouflant, vous prendrez la télécabine qui conduit au sommet de la Berneuse à 2048 m d'altitude. De là-haut, vue plongeante sur la vallée du Rhône, le lac Léman, les Dents du Midi et plus loin l'Eiger, le Cernin et le Mont-Blanc. Le must est bien sûr de déjeûner au Kuklos, un restaurant tournant unique (il n'en existe que trois de ce type au monde) qui vous fait faire une rotation à 360° en 1h30. Leysin est un cul de sac, il vous faut faire demi-tour et redescendre sur le Sépey pour remonter ensuite puis plonger vers Les Diablerets. Une route pleine d'imprévus, qui se tortille au creux de la vallée des Ormonts dans un décor somptueux d'alpages, de versants boisés et de sommets scintillants. Malgré les épingles à cheveux et autres revirements, le SLK colle à l'asphalte grâce à un chassis très rigide hérité de la Classe C, à un bel empattement de 243 cm et à des pneus Michelin 205/55 R16 91V. Un comportement sportif très sûr renforcé par des systèmes ESP et ASR de série. Il convient néanmoins de rester prudent. On a beau être en haute montagne, les routes sont très fréquentées... et pas seulement par les automobilistes : de nombreux motards (surtout suisses et allemands) qui s'en donnent à cœur joie et des colonnes de cyclistes et de randonneurs davantage à la peine. Descente maintenant sur Les Diablerets dont les chalets sont dispersés au pied d'un cirque montagneux impressionnant. Si cette station de ski familiale n'a pas le prestige mondain de Gstaad, elle peut en revanche se prévaloir d'une couronne de sommets plus impressionnants : Diablerets (3 209 m), Culan (2789 m), Scex Rouge (2 970 m, prononcez "Sè Rouge")... Le domaine skiable est à l'avenant et s'étend sur trois massifs, ce qui permet une liaison avec la station de Villar-sur-Ollon sans déchausser les skis : une destination à retenir pour l'hiver ! © E. Boucher / ViaMichelin En montant vers le glacier des Diablerets. | La route vers Gstaad se poursuit ensuite par le col du Pillon à 1546 m d'altitude, soit un dénivelé de près de 400 m en partant des Diablerets. Il convient ici de rappeler que selon l'altitude, l'heure du jour et l'exposition, l'amplitude thermique en montagne peut varier d'une dizaine de degrés en quelques minutes. C'est l'une des contraintes du cabriolet. Comme il n'est pas toujours possible de s'arrêter pour enfiler une petite laine, la solution consiste le plus souvent à solliciter les sièges chauffants. Mais Mercedes a raffiné le procédé en équipant les appuie-tête du SLK du système AIRSCARF qui vous pulse de l'air chaud autour de la nuque, histoire de vous éviter le petit coup de froid sur les cervicales... Arrivé au col, une halte s'impose. Garez-vous au pied du téléphérique qui vous conduira au glacier des Diablerets (ou "Glacier 3 000"), l'un des plus grands de Suisse et le point culminant des Alpes vaudoises et du Saanenland. Là encore, à 3 000 m d'altitude, la vue est imprenable sur les plus beaux sommets des Alpes, et pour ceux qui sont plus portés à l'action qu'à la contemplation, le glacier offre de nombreuses activités : randonnées, via Ferrata, snowpark, chiens de traîneaux, ski d'été... Plusieurs possibilités de restauration sur place dont un restaurant gastronomique concu par l'architecte Mario Botta. De retour au col du Pillon, il est possible de se rendre à pied, par un étroit chemin de montagne, au lac du Retaud (1,5 km) que vous aurez d'ailleurs aperçu au cours de votre descente en téléphérique : de splendides eaux vertes au creux des alpages. Gstaad et le Saanenland Passé le col du Pillon, vous amorcerez une longue descente jusqu'à Gstaad. Le paysage devient plus ouvert, les vallées se font plus larges et les montagnes moins abruptes. On change également de zone linguistique, puisque l'on passe des Alpes vaudoises, région francophone, au Saanenland, germanophone. Autre spécificité locale, le Saanenland compte autant de vaches que d'habitants. À part cela, vous arriverez à Gsteig, à 15 mn des Diablerets, sans remarquer de changement notoire. L'habitat reste sensiblement le même, dans le style des grosses maisons de l'Oberland bernois qui forment la quintessence de ce que les étrangers considèrent comme le "chalet suisse typique". Gsteig mérite un court arrêt, en raison notamment de son église gothique classée. © E. Boucher / ViaMichelin L'imposante silhouette de l'hôtel Palace domine Gstaad. | De Gsteig à Gstaad, c'est 10 km d'une vallée majestueuse qui vous plonge dans une sérénité presque irréelle : on se croirait dans une pub pour le chocolat Milka. Le joyau en est bien sûr Gstaad dont la réputation n'est plus à faire. Quoique... Si le village ne peut se départir complètement de son ambiance montagnarde chic (le luxueux hôtel Palace qui le domine de ses tourelles néogothiques nous rappelle en permanence que l'on est pas n'importe où), il n'y règne cependant pas un snobisme outrancier en dehors de la saison hivernale. Vous pourrez donc arpenter en toute simplicité le centre piétonnier avec ses gros chalets aux façades très décorées. Des antiquaires, de belles boutiques de décoration ici et là et quelques marques prestigieuses (Cartier, Davidoff...), mais aussi de nombreuses terrasses où le simple mortel peut se délecter d'une modeste gorgée de bière. Lieu emblématique de Gstaad, le Chesery où l'on se rend pour dîner dans un décor montagnard très smart, mais aussi et surtout pour la cuisine. Au menu, salade tiède de cèpes marinés aux fines herbes et huile d'olive, cabri du Saanenland aux herbes de la montagne...
Saanen, qui jouxte Gstaad au point d'en être quasiment la banlieue, a été éclipsée par sa brillante voisine alors qu'elle donne son nom à la région. Moins glamour, Saanen présente néanmoins plus de cachet avec de superbes et imposantes maisons de bois le long de l'artère centrale, dont certaines datent du 16e s., et une église du 15e s. rendue célèbre par les concerts de musique de chambre qu'y organisa Yehudi Menuhin. On ne s'étonnera donc pas de la présence d'un buste de l'artiste dans le centre ville. Le pays d'Enhaut Vous quitterez Saanen par la route 11 qui coupe à plusieurs reprises la voie de chemin de fer : un mode de transport très usité en Suisse et qui fait des trains un élément typique du paysage. © E. Boucher / ViaMichelin Rougemont, un concentré du way of life suisse. | Peu avant Rougemont, vous entrerez de nouveau dans les Alpes vaudoises et plus particulièrement dans le pays d'Enhaut, donc en terre francophone. Avec sa vieille église (11e s.), son château (16e s.), ses chalets fleuris et le clapotis de sa petite fontaine devant la boulangerie, Rougemont est un hymne à la vie pastorale... Un concentré du way of life suisse... Du moins tel que les malheureux étrangers que nous sommes se l'imaginent. Pour achever ce portrait de Rougemont par une note contrastée et people, signalons que la princesse Diana y finit ses études, de 1976 à 1978, dans ce que les Anglais appellent une finishing school. En une quinzaine de minutes d'une descente assez douce, vous arriverez à Château-d'Oex (prononcez "Chateaudè") dont l'élément le plus caractéristique est une butte coiffée de la petite église paroissiale. Mais le vrai centre d'intérêt de Château-d'Oex est ailleurs, dans le Musée du Vieux Pays d'Enhaut où vous découvrirez l'histoire et les traditions populaires de la contrée. Le Chalet de l'Etambeau, qui dépend du musée, a l'immense avantage d'abriter une cave à fromages et diverses spécialités régionales qui sont proposées à la vente. Si vous avez déjà entendu parler de Château-d'Oex, c'est sans doute néanmoins pour autre chose que ses fromages. La petite localité, qui est la Mecque des aérostiers, a été le cadre d'un nouveau record en 1999 : à bord du Breitling Orbiter 3, un monstre de technologie, le Suisse Bertrand Piccard et le Britannique Brian Jones se sont envolés pour le premier tour du monde en ballon. Vous commencez à vous ennuyer ? Patience ! Juste après Château-d'Oex, vous embrayerez à nouveau sur de la bonne et vraie route de montagne. Direction les gorges du Pissot. Virez à gauche en continuant la route 11 qui se tord à mi-hauteur de cette profonde entaille. Un belvédère permet d'admirer l'à-pic de la falaise. Ne le manquez pas, c'est le seul. © E. Boucher / ViaMichelin Petite halte dans la bucolique vallée de l'Etivaz. | À la sortie des gorges, un vallon bucolique : l'Etivaz. On y produit l'un des meilleurs fromages d'alpage, le premier à avoir obtenu un AOC en Suisse. Celui-ci est fabriqué à partir de lait cru chauffé au feu de bois dans de grands chaudrons en cuivre, et affiné de 6 à 12 mois. Résultat ! Une pâte dure au goût fruité avec de légers arômes de noisette et de flore alpine. On le consomme également sous forme de copeaux, les Rebibes... Si vous n'avez pas eu la chance de le goûter à la carte des restaurants, la Maison de l'Etivaz (la coopérative des producteurs) vous en offre l'occasion.
Dernier tour de piste. Encore 25 km pour revenir à Aigle et boucler notre périple. Au programme : la montée sur la Lécherette et le col des Mosses (alt. 1445 m), puis la grande descente par la vallée des Ormonts. La chaussée est parfois déformée, mais le SLK ne bronche pas. De belles courbes, des lacets... On se fait plaisir, rien que du bonheur jusqu'à Aigle.  | |  | | Informations pratiques Autoroutes suissesS'il n'y a pas de postes de péage sur le réseau autoroutier suisse, il faut néanmoins s'acquitter d'une vignette de 40 CHF (26 euros). Celle-ci est à coller sur votre pare-brise. Elle est valable pour une année civile et peut être achetée aux postes-frontières, dans les bureaux de poste, les stations essence et les gares. RestaurationLa Berneuse " Kuklos " - 1854 Leysin. Tél. : (0)244 943 141. Accès par télécabine. Fermé 27 oct. au 19 déc., 14 avr. au 19 mai, 24 au 28 mai et le soir sf sam. de juil. à août. Restaurant Botta 3000 - 1865 Les Diablerets. Tél. : (0)244 920 931. Chesery - Lauenenstrasse 3780 Gstaad. Tél. : 0337 442 451. Ouv. 17 déc. - 11 avr. et 18 juin - 3 oct. ; fermé mar. en basse saison et lun. - (mar. à jeu. dîner seul). À noter que le Guide Michelin propose également sur Gstaad et aux alentours plusieurs restaurants offrant un plat du jour à moins de 20 CHF. Ces établissements sont signalés dans le Guide par des piécettes. AdressesTélécabine de Leysin (Télé-Leysin SA) - Pl. Large 1854 Leysin. Tél. : (0)24 494 16 35. www.teleleysin.chTéléphérique Glacier 3000 - 1865 Les Diablerets. Tél. (0)22 492 28 14. www.glacier3000.chLa Maison de l'Etivaz - 1831 L'Etivaz. Tél : (0)26 924 70 60. www.etivaz-aoc.ch | |  | |  |  |