Magazine - 01/08/05

   

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Le pont Rion-Antirion (Grèce)

Le plus grand pont suspendu du monde
     
 
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Vue nocturne
Vue panoramique
Métro
Métro
Síndagma
Théséion
Erechthéion
 
 
Tourisme et Gastronomie
Athènes, l'extraordinaire métamorphose

Par E. Tresmontant

Depuis le début du 19e s., opposer les ruines hiératiques de l'ancienne Athènes à la ville moderne et bruyante qui les a recouvertes est un lieu commun. Pourtant, on ne saurait réduire Athènes à l'Acropole et à ses embouteillages ; elle n'est pas une ville-musée, figée dans le temps, ni une mégapole bétonnée. Son âme se révèle dans la mosaïque de ses quartiers, qu'il faut apprendre à pénétrer.
© ATHÈNES 2004 / K. Vergas
L'avenue Vasilissis Sofias dans le centre d'Athènes.
Pour saisir l'essence de cette ville mythique, il faut, comme le romancier américain Henry Miller (1891-1980), la voir "dans les affres de la naissance".
 
Depuis sa fondation il y a 3000 ans, une mystérieuse énergie pousse la cité à renaître sans cesse de ses cendres. Dévasté par les Perses en 480 et brûlé par Rome en 86 av. J.-C., saccagé par les Hérules (un peuple germanique originaire de Scandinavie) en 267 et par les Goths en 396 de notre ère, attaqué par les pirates pendant tout le Moyen Âge, occupé par les Turcs au 16e s., bombardé par les Vénitiens en 1687, pillé par les Anglais au début du 19 s., Athènes, étrangement, a toujours survécu à ses blessures.
La dernière en date, toutefois, eût put être mortelle. Victime depuis les années 1950 d'une urbanisation anarchique, la plus orientale des capitales d'Europe était au bord de l'asphyxie, avec ses 4,5 millions d'habitants entassés entre mer et montagne, une pollution atmosphérique record et des infrastructures déficientes. L'échéance des J.O. de l'été 2004, heureusement, a obligé Athènes à reprendre en main son destin.
© ATHÈNES 2004 / P. Papaioannou
Le stade olympique d'Athènes
Côté infrastructures, Athènes ne s'est pas contenté de construire des stades (comme le Stade Olympique de 25 000 m2, conçu par l'architecte espagnol Santiago Calatrava) et des complexes olympiques sportifs (comme Métropolis, situé sur la zone côtière de Phalère, voué à devenir une promenade après les Jeux). La ville s'est dotée, en quelques années à peine, d'un tramway la reliant à la mer ; d'un nouvel aéroport (Venizélos) ; d'une autoroute (Attiki Odos) qui y mène en 30 minutes et fait le tour de la ville. Mais la réussite la plus spectaculaire des grands travaux est sans conteste le métro qui a changé la vie quotidienne des habitants : 530 000 voyageurs par jour, 193 millions par an ! Grâce au métro, la pollution atmosphérique qui rongeait les Caryatides et poussait à l'exil les habitants du centre ville est en chute libre. Mariant technologies et fouilles archéologiques, le métro a fait la part belle aux 30 000 objets découverts pendant les travaux. Aussi, ne manquez pas de jeter un coup d'œil aux très chics stations de Monastiráki, Acropolis et Síndagma, toutes de marbre et de granit.
© ATHÈNES 2004 / K. Vergas
Le quartier de Plaka et l'Acropole en arrière-plan.
Mais la vraie métamorphose est ailleurs... Visuellement, le centre ville a été débarrassé des 2500 panneaux publicitaires qui défiguraient les rues et les places. Sur la place Omónia comme dans la rue Vassilissis Sofias (où s'alignent les bâtiments néo-classiques des ambassades et des musées) ou le long de l'Acropole, les façades ont été restaurées avec soin. Plus de 10 000 arbres et 600 000 fleurs ont été plantés. Des voies piétonnes, bordées de terrasses, relient désormais les sites archéologiques, éparpillés sur plus de 700 hectares. Là, vous pourrez déguster à l'ombre des oliviers ou des cyprès un retsina (vin aromatisé à la résine de pin d'Alep) ou un ouzo (marc de raisin anisé servi sur des glaçons et allongé d'eau). À l'écart du brouhaha, vous marcherez le long des ruines, du temple de Zeus au quartier de Psíri et de l'ancienne Académie de Platon au cimetière de Keramikós : l'une des plus belles promenades d'Europe !
Et puis, n'en déplaise à ceux qui ne veulent voir en Athènes qu'une légende, cette ville possède aussi, en dépit des marteaux piqueurs, un charme unique et bien réel. La place de Monastiráki (située dans l'ancien quartier turc) et ses fripes, les Halles centrales et ses impressionnants étals de viande, les petites maisons ocre et rose bordant les ruelles de Pláka, la colline du Pnyx d'où la vue sur l'Acropole est si belle, le mont Hymette et ses abeilles, la petite chapelle blanche Saint-Georges au sommet du Lycabette... Cette colline, dont vous ferez l'ascension grâce à un funiculaire, offre, la nuit, un panorama sublime sur le site d'Athènes et ses millions de lumières clignotantes.
Puis retour dans la ville moderne pour arpenter les boulevards qui relient Omónia et Síndagma (les deux places principales d'Athènes) et pour admirer les boutiques chics de la rue Hermès et de Kolonáki, le quartier le plus riche de la capitale.
Enfin, avant d'embarquer pour les îles de la mer Égée, il faut faire une escapade vers le port du Pirée, cacophonie de klaxons, cris des vendeurs de glaces et de café frappé, litanie des destinations affichées à chaque coin de rue : Paros, Naxos, Chios, Santorin, mais aussi Venise, Haïfa, Alexandrie, Istanbul, Marseille, Barcelone, Izmir... Une symphonie de noms mélodieux qui nous rappelle que notre civilisation est née ici, sur les bords de la Méditerranée.
© YANNIS VLAMOS
L'Acropole
Avec l'Odyssée, les Grecs ont inauguré l'histoire de la littérature par un chef-d'œuvre qui, 2800 ans après, continue à nous fasciner ; avec l'Acropole, ils ont donné à l'architecture son modèle intemporel d'équilibre et d'harmonie. La "ville haute" (sens littéral du mot) occupe le sommet d'un rocher abrupt, à 156 m d'altitude, juste au-dessus la ville basse. L'Acropole, contrairement à ce que l'on croit en général, n'est pas un monument unique mais un ensemble de vestiges remontant au deuxième millénaire avant J.-C. (époque mycénienne). Les plus prestigieux, les Propylées, le Temple d'Athéna Niké, l'Érechtéion et le Parthénon, tous bâtis en marbre blanc, appartiennent au siècle de Périclès (5e s. av. J.-C.).
Où prendre un verre ?
Pour débuter la soirée, direction Mikrolímano, le quartier le plus agréable du Pirée que domine la colline de Mounychie haute de 87 m. Vous y dégusterez d'excellents poissons et fruits de mer, par exemple au Zefyros ou au Zorbas, deux tavernes situées sur Akti Koumoundourou. Cap ensuite sur les clubs qui s'étendent au bord de la mer, de Glyfada à Varkiza, en passant par Voula et Vouliagmeni. Sur l'avenue Poseidonos à Glyfada (quartier bientôt relié au centre par le tramway), les bars branchés affichent un design sophistiqué qui change un peu de la Grèce de carte postale, comme le Galea, qui s'ouvre sur la mer, ou le De Stijl (à Voula), un vaste club niché au pied d'une crique où se donne rendez-vous la jeunesse dorée d'Athènes. Vers 4h du matin, c'est du côté des bouzoukias que l'ambiance monte. Les Grecs sont friands de ces cabarets aux allures de boîtes où de jeunes chanteurs gominés se produisent en compagnie de joueurs de violons et du bouzouki, le fameux instrument d'origine... turque.

© YANNIS VLAMOS
Les escaliers des Propylées.
Avant toute chose, gravir les escaliers des Propylées jusqu'à l'Acropole, dès la première heure du jour (8h). Mettre ses pas dans ceux des prêtres d'Athéna sur la Voie Sacrée, admirer le Parthénon, contempler l'Érechtéion et ses Caryatides refaites à l'Antique, puis visiter le Musée de l'Acropole (il sera installé au pied du site en 2006) pour y retrouver 4 des 5 vraies Caryatides, la cinquième étant visible au British Museum.
Transformé en mosquée par les Turcs, bombardé par les Vénitiens et pillé par Lord Elgin, le Parthénon a beaucoup souffert. Il est restauré depuis 1975. L'objectif premier était alors de mettre fin aux dégâts causés à la surface des pierres par la pollution des gaz d'échappement. Mais très vite, il est apparu que l'édifice souffrait tout autant des erreurs commises au début du siècle : poutrelles de fer oxydées, blocs de pierre fragmentés, ciment désastreux. Malgré les travaux, dont on ne sait quand ils finiront, ce site inspire encore une émotion unique.
Après cette première visite, il faut contempler l'Acropole de tous les points de vue possibles, la nuit, le jour, au hasard et souvent !
Pour en savoir plus
Office national du tourisme hellénique
3 av. de l'Opéra, 75001 Paris.
Tél. : 01 42 60 65 75.