 | Par G. Rouzeau
| À vingt minutes de tramway de Lille, Roubaix fait preuve d'un dynamisme revigorant, loin des clichés misérabilistes qui s'accrochent encore trop souvent à son nom. Riche d'un patrimoine industriel et de nombreux lieux réhabilités, la ville attire les artistes et les créateurs en quête d'espace. Présentation de quelques lieux phares. |    | La plus petite galerie du monde (ou presque) |   | |  | © G. Rouzeau / ViaMichelin La plus petite galerie du monde (ou presque) de Luc Hosspied.
 | Chaque premier dimanche du mois, au numéro 69 de la rue des Arts, quelques personnes se rassemblent face à des persiennes closes pour attendre un vernissage très couru, celui de " La plus petite galerie du monde (ou presque) ". Le rite est immuable : à midi précis, l'artiste exposé se juche sur un tabouret et, en pleine rue, commente son travail avant que les persiennes ne s'ouvrent pour dévoiler l'une de ses œuvres. Après un petit spectacle ou un concert, les visiteurs sont invités à pénétrer dans la galerie - précisons qu'elle est d'une taille tout à fait honorable, située au fond d'une habitation privée. L'ambiance est décontractée, conviviale et arrosée d'un gobelet de cidre brut. L'homme qui se cache derrière ce lieu décalé, c'est Luc Hossepied, journaliste et personnage emblématique de la vie culturelle roubaisienne, passionné par son pays et sa culture, qu'elle soit d'avant-garde ou populaire. |       | | © G. Rouzeau / ViaMichelin Un atelier de peintre chez Rita
 | Rita n'est pas le nom d'une patronne de pizzeria napolitaine mais celui d'une ancienne usine à gaufres reconvertie en ateliers d'artistes et d'artisans d'art. Ils sont une quarantaine à créer sous l'œil placide et bienveillant du président de l'association, l'artiste Bernard Agnias. Ce lieu de 4000 m2, qui accueille également des artistes en résidence, est un capharnaüm extraordinaire : on traverse des pièces et des ateliers bourrés jusqu'au plafond de bric, de broc et de matériaux de récupération dont beaucoup proviennent d'anciennes usines de filatures. Rita, c'est aussi une cantine associative baptisée l'Auberge rouge (ouverte tous les jeudis et vendredis midis) qui invite une fois par mois un artiste à préparer lui-même un repas. Le résultat est toujours surprenant, à défaut d'être succulent. |    | Prenez un bain de culture à la Piscine |   | |  | © S. JARRY - service communication (ville de Roubaix) architecte : JP PHILIPPON La Piscine, musée d'Art et d'Industrie de Roubaix
 | Faut-il encore présenter la Piscine, le musée d'Art et d'Industrie de Roubaix, couvert d'éloges unanimes à son ouverture ? Si l'on y vient aussi pour les collections (peinture, sculpture, arts appliqués du 19e s. et 20e s. et une collection de tissus dont le plus vieil échantillon remonte à l'Égypte ancienne), on y vient surtout pour admirer un superbe exemple de reconversion architecturale. En effet, cette piscine Art déco, construite en 1932 et fermée dans les années 1980, est devenue un musée d'une grande beauté. Les architectes ont eu la sagesse de conserver le volume principal de la piscine qui évoque une vaste nef cistercienne, éclairée au levant et au couchant par deux verrières polychromes. Pour rester fidèle à l'esprit du lieu, un bassin, de moindre taille que l'original, a été conservé au milieu de la salle principale. Comme autrefois, un lion de pierre continue à cracher son jet d'eau : " rendez-vous sous le lion " se disaient les amoureux. Autre marque de fidélité au passé, la librairie est installée dans l'ancienne chaufferie où trônent encore, telles des Vénus préhistoriques ventrues, les chaudières aux flancs rebondis...
Aujourd'hui, tout autour du bassin, de belles statues de nymphes et déesses néo-classiques côtoient des athlètes et ouvriers musculeux qui prennent la pose au bord de l'onde. Sur les côtés, les cabines de bain ont été transformées en vitrines. Cette piscine est un lieu de mémoire cher au cœur des Roubaisiens qui sont nombreux à y avoir appris à nager. Tous venaient y prendre un grand bain de mixité sociale. La mémoire de l'industrie du textile y est toujours vivante puisque des défilés sont organisés sur le bassin, recouvert pour l'occasion. Dans le cadre de Lille 2004, le musée présente, jusqu'au 30 mai 2004, Roubaix phare textile : six créateurs (design, couturier, plasticien, etc.) ont travaillé sur les textiles ultramodernes. |   |  | | Événements 2004 à Roubaix | | - La forêt suspendue, jusqu'au 6 fév. 2004, sur la Grande-Place. Des centaines d'arbres (châtaigniers, chênes rouges, érables, sycomores et aulnes) suspendus têtes en bas, à 12 m du sol. Une forêt suspendue, illuminée et sonorisée, imaginée par les graphistes de Lucie Lom.
- Ouverture de la Condition Publique, le 15 mai 2004. Ancien lieu de stockage de la laine transformé en espace culturel polyvalent, la Condition Publique ouvrira ses portes en mai prochain. Ce monumental bâtiment est un des premiers édifices à structure de béton, entièrement recouvert de toits en terrasse, avec une rue couverte de 140 mètres. www.laconditionpublique.com/
- Les lumières d'artistes, jusqu'en nov. 2004. Mise en lumière de la porte de Roubaix par l'artiste japonais Keiichi Tahara qui a notamment éclairé le canal Saint-Martin à Paris en 1999 et plus récemment la Bourse du commerce de Paris, pour la deuxième édition de la Nuit Blanche. | |  |  | | |  |  |