 | Par G. Rouzeau | Les aventures automobiles du plus célèbre pilote de bande dessinée viennent d'être portées à l'écran par Louis-Pascal Couvelaire. Incarné par Sagamore Stévenin, Michel Vaillant va devoir affronter une fois de plus la Leader de Bob Cramer au volant de sa mythique Vaillante. |    | Après une carrière fructueuse dans la publicité (on lui doit entre autres la campagne pour la Citroën Xsara, avec le mannequin Claudia Schiffer), Louis-Pascal Couvelaire est passé au septième art en réalisant en 2002 Sueurs, un road-movie en camion à travers le désert. Tout naturellement, la maison de production de Luc Besson s'est adressée à lui pour mettre en scène les aventures du célèbre pilote de course automobile Michel Vaillant, créé en 1957 par Jean Graton dans le journal Tintin. Comme il nous l'explique au beau milieu d'une séance d'étalonnage au studio Éclair d'Épinay-sur-Seine : "La voiture fait partie des beaux objets du 20e s. ; elle allie performance technique et esthétisme. Bien plus, ajoute-t-il, une voiture aujourd'hui c'est comme un vêtement : elle se doit d'être créative, à la mode, dans l'air du temps ; c'est donc plus qu'un objet de consommation traditionnelle."
Pour mettre en scène Michel Vaillant, Louis-Pascal Couvelaire s'est abstenu de regarder les grands classiques de la course automobile comme Grand Prix de John Frankenheimer (1966) ou Le Mans de Lee H. Katzin (1971) avec Steve Mac Queen : "Une fois les films visionnés, il vous est impossible de les oublier complètement. Ce serait très prétentieux de dire que je suis parvenu à un résultat original - c'est au spectateur de le dire -, mais disons que j'ai essayé de faire des choses différentes". En matière de tournage de course automobile, le réalisateur s'empresse de désigner un autre concurrent redoutable, la télévision : "Aujourd'hui, les courses automobiles sont extrêmement médiatisées ; les télévisions couvrent les événements de manière terriblement sophistiquée. Regardez une course de Formule 1 : il y a des caméras embarquées en hélicoptère, en voiture qui filment l'avant et l'arrière, des gros plans de roues. Il eût été dommage de faire la même chose que ce que les gens voient à la télévision. À partir de là, nous avons essayé d'avoir une autre vision : celle du pilote". |    | Ingrédient artistique indispensable à la réussite de Michel Vaillant, les voitures de course ont dans ce film une personnalité à part entière : "C'est l'un des éléments moteurs pour le choix des voitures et de la direction artistique de ce film. Michel Vaillant est un film plutôt manichéen qui oppose les gentils et les méchants. La Vaillante est bleue et blanche, arrondie et extrêmement aérodynamique, plutôt sage et gentille. Face à elle, la Leader de Bob Cramer apparaît comme une voiture très particulière, avec un bruit extrêmement agressif, très plate, une sorte de cabriolet méchant peint en rouge et noir, avec des flammes et des côtés ombrés pour accentuer son côté dangereux".
Si l'esthétique visuelle des bolides est l'un des éléments majeurs du film, le travail sur le son en est un autre : "C'est un casse-tête épouvantable et sans doute le plus gros boulot du film. Le piège, c'est de faire un film bruyant et d'accumuler sans raison les vroum vroum... Il est très facile aujourd'hui de mettre du son très fort dans un film grâce aux amplis. C'est une autre histoire que d'avoir de la puissance sans être assourdissant". |    | Au casting de Michel Vaillant, pas de grandes stars de celles qui font le succès d´un film avant même sa sortie. Est-ce délibéré ? "C´est d´abord un choix de production : on ne voulait pas d´un Michel Vaillant trop marqué, c´est-à-dire qu´il fallait un acteur neuf en terme d´image. S´orienter vers un jeune acteur de talent, c´est à la fois créatif et stratégique."
L´un des tours de force du film est d´avoir participé aux 24 heures du Mans, qui est la course de référence de la bande dessinée Michel Vaillant. La Vaillante-Lola avec son moteur V10 Judd de 620 chevaux a fait le 21ème meilleur temps aux essais et la Leader-Panoz, doté d´un moteur V8 Ford de 550 chevaux, a réalisé le 23ème meilleur temps. Rien de tout cela n´aurait été possible sans l´implication totale d´une équipe de professionnels de la course automobile : "On a vraiment inscrit les voitures aux 24 heures du Mans et l´écurie DAMS nous a préparé les voitures et nous a fourni techniciens et pilotes, la voiture de Michel Vaillant étant équipée de pneus Michelin". Si deux voitures ont réellement participé à la course, vous en verrez quatre sur l´asphalte du Mans, dans le film, grâce à un trucage numérique sur les numéros. Bien entendu, les cascades et autres accidents qui surviennent lors de la course sont des reconstitutions... |  |  | |