Newsletter
S'abonner
  

Archives
Consulter

Autres destinations
Croatie
Vacances au bord du lac
Graz 2003
Vignobles

Hébergement
Bruxelles

Restauration
Bruxelles

Curiosités touristiques
Bruxelles

Préparer votre voyage
Itinéraire vers cette destination
Localisation sur la carte

Envoyer par e-mail

Imprimer

 

DESTINATION
 

Bruxelles, capitale de la chine !

01/11/03
Par G. Rouzeau

Bruxelles est le paradis du chineur, quelque part entre le Portobello londonien et les puces parisiennes de Montreuil et de Clignancourt. Du vide grenier populaire aux boutiques d'antiquités les plus chics, la ville offre un visage atypique et passionnant.




La capitale de la Belgique est un grand vide grenier où tout se vend et tout s'échange. À côté du brol (le petit objet sans valeur en bruxellois), il est toujours possible de dénicher une perle. Voici quelques adresses pour chiner malin tout en découvrant plusieurs aspects moins connus de cette ville singulière.



© G. Rouzeau / ViaMichelin
La place du Jeu-de-Balle, le paradis des brocanteurs.


Si votre hôtel est situé dans le centre, vous n'aurez qu'un pas à faire jusqu'au boulevard Lemmonier et au boulevard du Midi, situés tous deux dans le prolongement de la gare du Midi. Ces grandes artères sont le royaume des soldeurs de disques, des livres d'occasion et autres DVD et vidéos qui sont vendus à 50% de la cote. Le prix est fixé et non négociable. Aux dires des Bruxellois, dans cette vingtaine d'échoppes dont certaines occupent quand même plusieurs centaines de mètres carrés, c'est au "petit bonheur la chance"...

Chaque matin, antiquaires et amateurs avertis se pressent à l'ouverture de l'association caritative Les Petits Riens, fondée en 1937 par l'abbé Froidure. L'entrée se repère de loin à son enseigne, un vagabond de carton-pâte qui porte sur le dos son gros baluchon. Comme il est situé dans le quartier chic du Châtelain, cet équivalent de notre Emmaüs recèle souvent des trésors puisés dans les greniers bourgeois des alentours. À l'ouverture des portes, faites comme tout le monde, courez au dernier étage où se trouvent les peintures, la vaisselle et les petits objets. De belles pièces sont parfois mises en exergue sur les comptoirs à côté de la caisse : premier arrivé, premier servi ! À la sortie, on vous demandera vos différents tickets d'achat (on paye à chaque étage) - ne les égarez donc pas. Il règne ici une ambiance typique, mélange de professionnels aux abois, de branchés venus glaner des vieux disques de funk et de figures locales emblématiques du Bruxelles populaire.




Entre la porte de Hal, l'église Notre-Dame-de-la-Chapelle et le palais de Justice, le quartier des Marolles, avec sa place du Jeu-de-Balle et ses rues Haute et Blaes, demeure l'épicentre de la brocante à Bruxelles. Vous êtes ici au coeur de la ville populaire où l'on parle encore parfois le brusseleir (le patois bruxellois, mélange de flamand et de français) dans les derniers cafés borgnes. Au Moyen Âge, les tisserands, les foulons et les filles publiques occupaient les lieux. Ensuite, ce quartier devenu ouvrier, qui a résisté tant bien que mal à l'urbanisation moderne, a accueilli tous les immigrés, des Russes blancs aux Républicains espagnols, des Marocains aux Congolais, des Gitans aux Polonais.

Le marché aux puces de la place du Jeu-de-Balle a lieu tous les jours de 8h30 à 14h. Les brocs - c'est l'abréviation en usage - y déballent en vrac ce qu'ils ont trouvé en débarrassant les maisons mises en vente. Chaque objet a ici sa chance et les prix sont abordables. Néanmoins, sachez qu'ils augmentent de 30 à 40% le week-end parallèlement à l'afflux de visiteurs et de touristes.
Côté tendances, où en est-on ? D'après Fabrice, un mordu de la chine depuis ses dix-sept ans et qui tient maintenant une boutique de fripes vintage rue du Renard, l'engouement pour le tout plastique des seventies est en train de passer sauf pour les pièces de qualité, bien sûr. Les robots ont la cote et il y a regain d'intérêt pour les objets pieux.

Si vous voulez humer à pleins poumons l'atmosphère du Jeu-de-Balle, prenez un kloeche (un verre) à la Brocante ou aux Clefs d'or, deux cafés qui sont des repères de brocanteurs. Avant de quitter la place, jetez aussi un coup d'oeil à deux bâtiments qui bordent cette place : la piscine Art Déco Baden et l'avant-corps d'une caserne de pompiers construite par Joseph Poelaert (1817-1879), aujourd'hui intégrée dans un ensemble de logements et de magasins.




© G. Rouzeau / ViaMichelin
Un antiquaire de la rue Haute

Située dans le prolongement de la place, la rue Blaes abonde en occasions de s'arrêter. Au 208, voici une boîte mythique, le Fuse, où Laurent Garnier enregistra son premier disque. Jusqu'au croisement de la rue des Capucins, décoré d'une fresque de BD*, la rue Blaes offre de la brocante pure et dure, de petites quincailleries et des cafés borgnes. Ensuite, il y a de tout : de superbes baignoires restaurées avec soin, du mobilier ethnique, de l'art africain (Bruxelles est la deuxième place après Paris sur ce marché), sans oublier la boutique de Catherine Pfeiffer consacrée à Léopold I et à l'Exposition universelle de 1958, symbole nostalgique des années de gloire...

Parallèle à la rue Blaes, la rue Haute est la plus longue et la plus ancienne du centre de la ville puisqu'elle reprend le tracé d'un chemin dessiné par les Romains au début de notre ère. Elle offre un mélange de curiosités architecturales et d'adresses pour chiner. Remarquez par exemple au n°322 l'hôpital Saint-Pierre qui a été reconstruit en 1935 dans le style Art déco à la place d'une léproserie du 13e s. Juste à côté, jetez un oeil à la Cité ouvrière Hellemans, actuellement en pleine rénovation. Cette véritable ville dans la ville est un exemple grandiose d'architecture sociale, forte de six rues piétonnes, d'une crèche collective et de 272 logements. Au n°132, Pieter Bruegel l'Ancien, le grand peintre flamand spécialiste des scènes paysannes truculentes, habita cette belle maison de briques roses. Côté brocante, ne manquez ni Hautes Antiques installé dans un ancien cinéma à la façade de théâtre baroque, ni la boutique de Marc de Grande, qui offre notamment du mobilier contemporain 1950-1970 de qualité et de vieilles montres de collection. À la hauteur de la rue de l'Épée, on aperçoit la masse imposante du palais de Justice de Joseph Poelaert, véritable "mammouth architectural" (c'est son surnom) construit notamment pour mettre au pas les Marolles - le quartier a en effet toujours traîné derrière lui une réputation sulfureuse, alimentée par une longue tradition de révoltes et de coups de poings, un peu comme le Belleville parisien.




Avec le quartier du Sablon (les Bruxellois nomment ainsi la place du Grand-Sablon) qui commence là où les Marolles finissent, nous abordons le royaume des antiquaires et des galeries d'art, là où les enseignes les plus chics se succèdent. Les prix sont à l'aune de ces devantures où les chaises Charles Eames côtoient le mobilier de la Sécession viennoise, mais le lieu vaut aussi pour son charme et son cachet. Tout autour de l'église Notre-Dame-du-Sablon, chef-d'oeuvre du gothique flamboyant, se bousculent cafés, restaurants et adresses pour gourmets comme le chocolatier Pierre Marcolini.

Inépuisable et fascinant, le petit monde de la chine bruxelloise réserve toujours des surprises. Il y a un mois, un brocanteur achète une charmante petite céramique pour la modique somme de 15 €. Revenu chez lui, il l'examine de plus près : elle était signée Picasso...

*Les héros de BD placardent les façades de Bruxelles. Il existe une brochure, disponible au BI-TC, qui localise ces murs peints suivant un parcours.



En savoir plus sur la région ? Commandez le Guide Vert Bruxelles
Avec le GUIDE VERT MICHELIN, partez à la découverte des plus beaux sites culturels et touristiques de France et d' Europe.

 
Spullenhulp
Porte de Hal
Marolles
Façades peintes
Objets
Pfeiffer
Quick et Flupke

Informations pratiques

LE GUIDE VERT MICHELIN
Commandez Le Guide Vert Bruxelles, et découvrez les plus beaux sites de la région !

Ville de congrès et d'hommes d'affaires, paradoxalement désertée le week-end, Bruxelles propose des forfaits de séjour très avantageux.
Office de promotion du tourisme Wallonie-Bruxelles
www.opt.be/
Office de tourisme de Belgique Flandre et Bruxelles
www.tourismebelgique.com/
BI-TC (Bruxelles International-Tourisme & Congress)
hôtel de ville, Grand-Place, 1000 Bruxelles.
Tél. : 02 513 89 40. www.tib.be

Les Petits Riens
101 rue Américaine
www.petitsriens.be/

Le site du Sablon
www.antiques-world.com/sablon/index.html
Du 28 au 30 nov. 2003 (inclus), de 19h à 23h, le quartier organise ses Petits plaisirs du Sablon, une série de manifestations musicales autour des galeries, des antiquaires, des restaurants et des boutiques ouverts non-stop pour l'occasion.