 | Par G. Rouzeau
| Sur la route des Menuires et de Val Thorens, deux stations stars des sports d'hiver, vous croiserez Saint-Martin-de-Belleville, un village savoyard traditionnel aux grosses maisons de pierre et de lauze. Très bien relié à l'un des plus grands domaines skiables du monde, il a conservé son âme montagnarde et offre un réconfortant cocktail de ski, de nature et de culture. |    | Une vallée peuplée depuis la nuit des temps |   | Certes, ça ne sent plus le bon beurre frais, ni la tome, ni l'étable. Néanmoins, un délicieux parfum de village savoyard authentique flotte encore sur Saint-Martin-de-Belleville, ce bourg paisible avec ses vieilles maisons traditionnelles de pierre et de lauze, resserré autour d'une petite église baroque. Est-ce parce que cette vaste vallée (16 000 hectares), située entre Tarentaise et Maurienne, sur la bordure ouest du massif de la Vanoise, est habitée depuis la nuit des temps ? La découverte d'une tombe au village de Fontaine-le-Puits, à l'entrée de la vallée, atteste d'une implantation humaine depuis le second millénaire av. J.-C. au moins (les objets qu'elle contenait sont conservés au musée Savoisien de Chambéry). Au Moyen Âge, cette vallée est partagée entre le Comte de Savoie et l'Archevêque de Tarentaise. L'économie agro-pastorale, qui se met en place en Savoie à cette époque, va se développer jusqu'au milieu du 20e s. L'homme vit ici en étroite symbiose avec le terroir qu'il façonne par la culture (blé, seigle, orge) et l'élevage. Chaque vallée possède son originalité, comme son patois et ses usages - et Saint-Martin-de-Belleville ne déroge pas à la règle. C'est cette histoire unique qu'un Bellevillois passionné par son village, Jo Hudry (voir notre article), a voulu coucher sur le papier en recueillant la mémoire encore vive des anciens. |    | À petits pas vers le tourisme blanc |   | Au début du 20e s, frappée par le déclin démographique et l'exode rural, la vallée et ses hameaux se dépeuplent dangereusement. En outre, au sortir de la guerre, la commune passe à côté des propositions de développement touristiques faites par l'État. Au début des années 1960, le maire Nicolas Jay corrige le tir en lançant les Menuires (1967) et Val Thorens (1972-1973), fleurons de l'un des plus beaux domaines skiables du monde. La vallée est sauvée et l'hémorragie de sang jeune stoppée net. Au début des années 1980, Saint-Martin-de-Belleville se dote d'un nouveau quartier, les Grangeraies (la partie du village située au-dessus de l'église). Utilisant principalement la pierre, le bois et l'ardoise, il s'intègre harmonieusement au reste du village. Relié au domaine des Trois-Vallées (Saint-Bon-Courchevel, Méribel-les-Allues, Belleville) depuis 1982, Saint-Martin-de-Belleville vient de se doter d'une nouvelle ligne de télécabine 8 places qui permet d'atteindre en 6 mn les liaisons pour Méribel et les Menuires. |    | Un village authentique et une station de charme |   | Saint-Martin-de-Belleville est fréquenté l'hiver à 70 % par des étrangers : Anglais, Hollandais, Allemands. Les Anglais apprécient particulièrement la société de nos robustes Savoyards. Et si Saint-Martin-de-Belleville était un « bon plan » ignoré des Français ? Contrairement à ce qu'on entend ici ou là, ce n'est pas une station familiale comme les Menuires. C'est plutôt une destination prisée par qui cherche un lieu préservé et authentique. Il semble qu'on pratique ici depuis longtemps, et sans en faire étalage, le développement durable et la pluriactivité ! Ils sont nombreux à Saint-Martin-de-Belleville, moniteurs de ski ou pisteurs, à prendre la clef des champs l'été venu. Témoignant également en faveur du dynamisme de la vallée, mentionnons le soin apporté à la mise en valeur du patrimoine baroque (voir notre article) et à la protection de l'environnement. Un programme de reboisement réintroduit des essences de résineux (mélèze, épicéa, pin cembro) dans une vallée qui a beaucoup souffert du défrichement. Un sentier balisé permet de découvrir l'une des premières plantations réalisées par l'ONF. |  |  |  |