09-07-2008
Par Richard Pizzol et Emmanuel TresmontantDeux chambres d’hôtes de charme, exquises, où l’originalité le dispute à l’authentique.
© la Maison du BailliLa Maison du Bailli à Villiers-le-SecDe la région parisienne, côté campagne non loin de Rambouillet, Geneviève et Francis Coquet ont opté pour la Normandie, côté Calvados. À Villiers-le-Sec pour être précis, petit village posé dans la campagne à quelques encablures de Caen et une pincée de kilomètres de la mer. La bâtisse, typique ferme du Bessin et ancien fief seigneurial, est imposante, le jardin reposant, le calme absolu. Il y a trois chambres. Enfin plutôt deux puisque l’une d’elle est une suite familiale : grand espace pour les parents, chambre séparée à lits jumeaux pour les enfants. L’ensemble est certes très séduisant, mais surtout original. Ainsi, les chambres portent des noms : « Vol de Nuit », « Petite Chérie » et aussi « Ce Soir ou jamais », souvent, très souvent, réservée pour une nuit de noce. © la Maison du BailliL’atout charme de ce lieu, c’est une multitude de petits détails, parfois décalés, qui révèlent les passions, les amours et les goûts de la propriétaire. Les murs s’ornent de photos et de peintures, de miroirs et de cadres, comme celui-ci accueillant des photos de longues et jolies jambes de femmes. Sur les étagères, des galets rehaussés de petits mots de bienvenue ou de bon sens. Ailleurs, des coquillages sur une table, des branches, des fleurs partout, des bougeoirs, des vases fluo géants. Cassant l’image attendue d’une telle demeure, les styles se mélangent et se croisent, se font et se défont car tout change et évolue sans cesse. Installez-vous, vous êtes chez vous. C’est ce que ressentent les hôtes de passage. Ce sont eux qui l’écrivent en évoquant dans le livre d’or « cette maison qui a une âme », ce lieu où « l’on entre comme dans un magazine de décoration », cette atmosphère où « se mêlent senteur, musique et lumière ». Sans oublier ces « merveilleux petits déjeuners », pris dans la salle ou sur la terrasse face à ce jardin de verdure et de fleurs, que doivent particulièrement apprécier les visiteurs anglais. © la Maison du BailliVous voici donc pour un week-end ou une semaine au cœur de cette Normandie involontairement riche d’une histoire déjà lointaine mais très présente. Les carrefours égrènent la direction de ces cimetières militaires qui rappellent l’énormité du sacrifice et la jeunesse des combattants. Toutes les routes vous mènent immanquablement sur les plages du débarquement, mais le Bessin c’est aussi Bayeux et sa fameuse tapisserie, désormais inscrite au registre Mémoire du Monde de l’Unesco. Et si vous souhaitez sortir des grands classiques, demandez à Geneviève et Francis. Ils vous conseilleront d’aller visiter le château Renaissance de Fontaine-Simon ou les très beaux jardins à la française du Château de Brecy. Si vous avez l’âme sportive, vous pourrez marcher vers et le long de la côte, vous initier au char à voile sur la plage d’Asnelles ou découvrir le golf d’Omaha Beach et ses 27 trous. Et le soir, après tant de visites, de balades ou de rencontres avec l’histoire, vous rentrerez à la Maison du Bailli. Pour une détente rêvée. La Villa sans Souci à ÉtretatQuand on arrive à Étretat, on n’a qu’une hâte : découvrir la plage de galets immortalisée par tant de peintres et gravir, l’une après l’autre, les falaises : à droite, la falaise d’Amont (avec sa petite chapelle Notre-Dame de la Garde destinée aux marins), à gauche, la falaise d’Aval qui offre l’un des plus beaux spectacles de la Côte normande avec son arche monumentale façonnée par la nature et son Aiguille haute de 70 mètres. © Villa Sans SouciPour profiter pleinement de ce site merveilleux, je vous recommande de poser vos valises à la Villa sans Souci, une maison normande de 1903, située à quelques minutes à pied du centre-ville. On y accède en empruntant une longue allée de tilleuls perpendiculaire à la rue Guy de Maupassant (qui fut l’hôte le plus célèbre de la station). Jean-Pierre Milan et sa femme Jocelyne, qui ont redonné vie à cette auguste demeure il y a tout juste 3 ans, vous accueillent alors comme si vous étiez de vieux amis et comme s’ils avaient toujours vécu là. Lui, pourtant, fut de 1970 à 1995 le propriétaire de la mythique Closerie des Lilas à Paris. Elle, après avoir vécu en Afrique, fut l’une des cofondatrices du Figaroscope. La Villa sans Souci s’est imposée un jour à eux comme une évidence, à la fois « habitée » par de bonnes ondes et proche de la capitale… © Villa Sans Souci« Comme nous allions souvent au cinéma à Paris, explique Jean-Pierre Milan, et que notre clientèle de la Closerie était composée en majeure partie d'artistes (j’y avais créé dans les années 1980-1990 le Prix du Meilleur Scénariste), l'idée nous est venue de faire de cette maison une chambre d’hôtes dédiée au 7e art. » Ainsi du rez-de-chaussée au grenier les pièces sont-elles ornées d’affiches, de photos et de fauteuils provenant d’un vieux ciné-club de la rue Mouffetard… Chacune des 4 chambres* porte un nom de film et dispose d'un lecteur DVD permettant de le visionner : au premier étage, où plane le souvenir de Marilyn, vous pourrez ainsi vous passer « Certains l’aiment chaud » de Billie Wilder, à moins que vous ne préfériez « Tallons aiguille » de Pedro Almodovar dans la chambre du 3ème. Pour ma part, j’ai eu la chance de passer la nuit dans la chambre de « L’Anglaise et le Duc » (beau film d’Eric Rohmer sur la Révolution Française) où meubles, gravures et vêtements disposés sur des mannequins sont tous du 18e s. ! L’autre passion de Jean-Pierre Milan consiste à collectionner les voitures anciennes miniatures : il y en a ainsi des centaines exposées dans toute la maison, notamment dans le salon-bibliothèque 1930 dont les baies vitrées donnent sur le parc et où est servi, le matin, un délicieux petit-déjeuner (jus de fruits frais, confitures maison, œufs au bacon, brioche au beurre, fromages de chèvre d’Étretat). Où casser la croûte ?Sans hésiter, je vous conseille d’aller au restaurant Du Golf situé sur la falaise d’Aval. Outre la vue magnifique sur le green 18 trous surplombant la mer, vous y dégusterez une très jolie cuisine du marché élaborée à partir des beaux produits de la région : salades de bulots aux lentilles, saumon fumé maison, barbue aux herbes fraîches, cassolette de sole aux crustacés, etc. Surtout, la carte des vins vaut le détour avec les beaujolais naturels de Marcel Lapierre, les Pouilly-Fuissé de Robert Denogent, le Gevrey-Chambertin de Vincent Geantet-Pansiot et les Côtes-Roties de Gilles Barge. *Rappelons que pour bénéficier du label « chambre d’hôte » une maison ne peut proposer que 5 chambres au maximum.Infos pratiquesLa Maison du Bailli 2, route de Courseulles 14480 Villiers le Sec Tél. : 02 31 37 61 70 lamaisondubailli@yahoo.fr Tarifs (2 nuits mini) : 80 € la chambre pour 2 personnes, 120 € la suite pour 4 personnes. Non fumeur. Ouvert toute l’année. Villa sans Souci 27 ter, rue Guy de Maupassant 76790 Etretat Tél. : 02 35 28 60 14 Tarifs : de 50 € pour une personne (chambre « Moulin Rouge ») à 145 € pour deux personnes petit déjeuner compris (chambre « Certains l’aiment chaud »). Connexion Internet. Restaurant Du Golf Route du Havre Tél. : 02 35 27 04 56 (menus à 22 et 28 €) |