Nuits magiques à Saint Pétersbourg
Russie, Fédération de, Saint-Pétersbourg
2008-04-28
Par Sophie Loueyraud
Saint-Pétersbourg ou Piter, comme l’appellent familièrement les Russes, est un ravissement pour les yeux et l’esprit. Capitale culturelle tout au long du 19e s., la ville a largement rempli le rôle de « porte ouverte sur l’Europe » que lui prédestinait son créateur, Pierre le Grand, dès 1703.
Après 70 ans d’effacement derrière l’aura moscovite, la ville a retrouvé sa place au cœur de l’attention touristique en s’affirmant comme l’une des plus resplendissantes villes d’Europe, et ce au prix d’importants travaux de restauration.
À l’arrivée du printemps, Saint-Pétersbourg délaisse son manteau de neige pour nous dévoiler toutes ses couleurs et ses splendeurs et nous faire découvrir la magie de ses « nuits blanches ».
 
Par son tropisme occidental, Saint-Pétersbourg se distingue des autres villes du pays sans pour autant se départir d’un certain charme slave. C’est ce qui fait toute son ambiguïté dans le paysage russe, et sa séduction.
 
La ville est une pure merveille, surtout depuis qu’elle a retrouvé tout son lustre sous les auspices de l’un de ses plus célèbres enfants : Vladimir Vladimirovitch Poutine qui y est né en 1952. Savant mélange entre nature et beauté classique, on apprécie ses palais, ses canaux qui ne sont pas sans rappeler ceux de Venise et que l’on peut parcourir en bateau, ses ponts anciens et l’imposante Néva qui, après avoir parcouru la moitié du pays, finit sa route ici, dans le golfe de Finlande.

Les lieux incontournables à Saint-Pétersbourg

Le fait que la ville ait été déchue de son titre de capitale révolutionnaire dès le début des années 1920 l’a largement préservée des dommages de l’ère stalinienne. Ainsi, le centre historique paraît intact depuis la révolution de 1917. C’est comme si le temps s’était arrêté à Saint-Pétersbourg, ce qui lui confère cette atmosphère si particulière.
 
Pour découvrir toute sa beauté, l’idéal est de se balader au gré des canaux et des rues anciennes et d’admirer tous ses palais aux couleurs éclatantes.

La place du Palais
© S. Loueyraud

Le Palais d’Hiver est certainement le plus célèbre. Il fait aujourd’hui partie du Musée de l’Ermitage, l’un des plus grands musées d’Europe. Les toiles des maîtres de la peinture européenne du Moyen-Âge au 19e s. y sont présentées, et plus particulièrement une importante collection de tableaux impressionnistes français.
 
La façade donnant sur la Néva est remarquable, mais n’hésitez pas à en faire le tour afin de pouvoir admirer la Place du Palais et l’Arc qui fait face au château.
 
Moins connu, le Palais Ioussoupov vous étonnera par certaines de ses salles au grand raffinement, notamment la salle orientale ou bien son petit théâtre privé.
 
Le Palais Michel, qui abrite le Musée Russe, vous fera revivre l’histoire de Saint-Pétersbourg à travers ses peintures.


© S. Loueyraud

Très présente dans le centre historique, la nature nous offre quelques instants de quiétude et de douceur de vivre.
 
Tout près du Musée Russe et du Champ de Mars, le Jardin d’été est un havre de paix avec ses cygnes et ses allées de statues.
 
Il est bordé par la rivière Fontanka, au long de laquelle se dressent les nombreux palais construits par l’aristocratie russe. Ainsi le palais Michel, qui fut la résidence de l’empereur Paul Ier, reconnaissable à sa façade rose.
 
Faites également un petit détour par le pont Pantéleïmon, face au château, afin de découvrir en contrebas du quai le petit oiseau doré Tchijik- Pyjik, au-dessus duquel les touristes russes se rassemblent afin de réaliser leurs vœux, l’objectif étant de parvenir, avec beaucoup d’adresse, à toucher d’une pièce le petit volatile.

Saint-Pétersbourg l’hiver ou l’été ?

Selon les saisons, la cité change radicalement d’atmosphère. L’hiver russe et ses paysages enneigés vous ont toujours fait rêver ? Alors n’hésitez pas à y passer un Nouvel An magique. Les couleurs des palais se détachant sur la neige donnent une impression de conte de fées. Vous pourrez profiter des promenades en troïka, ou bien vous réchauffer en dégustant diverses sortes de vodkas russes (à consommer avec modération) ou les crêpes épaisses que les Russes nomment Blini.
 
Si les grands froids vous hérissent, préférez plutôt la période des « Nuits blanches » ou les mois d’août et de septembre. Vous découvrirez alors la beauté des jardins, des fontaines et effectuerez des promenades en bateau dans le golfe de Finlande ou sur la Néva.

Église du Saint-Sauveur-sur-le sang-versé
© S. Loueyraud

Saint-Pétersbourg regorge d’églises et de cathédrales qui n’ont pas subi le sort funeste de leurs consoeurs moscovites. Vous pourrez ainsi admirer l’église du Saint-Sauveur-sur-le sang-versé (ou de la Résurrection du Christ), érigée en souvenir du tsar Alexandre II à l’endroit même où il fut assassiné, etqui par sa myriade de couleurs rappelle sa cousine moscovite Saint-Basile. Approchez-vous de plus près et observez les panneaux représentant les différents épisodes de la vie du tsar libérateur.
 
Découvrez à proximité le jardin Michel, remarquable par sa grille très ouvragée, où il fait bon se promener les journées de grande chaleur en dégustant une glace à la vanille.
 
Tout comme les touristes russes, n’hésitez pas à grimper les marches de la cathédrale Saint-Isaac afin d’apercevoir la ville de ses hauteurs.
Vous pourrez faire une petite halte au marché aux souvenirs qui se trouve en contrebas, en face de l’hôtel Astoria.
 
Un peu à l’extérieur du centre-ville, on peut également voir apparaître de loin les façades bleues de l’ensemble Smolny.

Afin de voir la ville sous un angle romanesque, vous pouvez visiter le musée-appartement de Dostoïevski, à l’angle de la rue Dostoïevski et de Kouznetchny pereoulok (station Vladimirskaïa). Profitez-en aussi pour admirer l’église Notre-Dame de Vladimir. Il existe également une maison-musée Pouchkine dans le quartier de l’Ermitage.


© S. Loueyraud

La magie des nuits blanches (du 24 mai au 20 juillet)

Dès la fin du mois de mai et jusqu’au 20 juillet démarre la période des « nuits blanches ». Saint-Pétersbourg étant situé très au Nord (59°57 de latitude Nord), les journées se font beaucoup plus longues à l’approche de l’été, et la ville n’est plongée dans la pénombre que quelques heures.
 
Elle s’anime alors de festivals et on peut également observer la célèbre « levée » des ponts : Piter a conservé jusqu’à aujourd’hui sa fonction de transport marchand et autorise les navires ayant attendu patiemment à l’entrée de la ville à traverser celle-ci au cœur de la nuit.
 
Nombreux sont les curieux qui, chaque nuit, viennent assister à cette traditionnelle démonstration de mécanique centenaire. Prenez garde à ne pas vous laisser « enfermer » sur une partie de la ville, car les ponts ne sont à nouveau accessibles aux piétons qu’au petit matin…

Calendrier des animations

- Journée de la ville : 27 mai.
- Festival International Étoiles des Nuits Blanches organisé par le théâtre Mariinski.
- Festival International Olympus (musical) : 25 mai au 2 juin.
- Festival de la bière : 1er au 30 juin.
- Festival des Festivals : 23 au 29 juin 2008 (festival international du film).

Afin de plonger au cœur de la vie pétersbourgeoise, je vous recommande particulièrement d’assister à la journée de la ville (Den’ goroda) : à l’occasion d’un grand défilé, les principales artères de la ville sont fermées à la circulation et les rues s’emplissent d’une foule joyeuse et de banderoles.

Statue équestre de Pierre le Grand
© S. Loueyraud

Saint-Pétersbourg aujourd’hui

La ville est très fortement touchée par le modernisme et le développement économique. Les échoppes en contrebas des entrées d’immeubles ont fait place à des supérettes ou à des bars à la mode. On peut cependant toujours observer d’anciens immeubles construits en kolodets (« puits » en russe) d’une dizaine d’étages, auxquels se sont ajoutés au siècle dernier des ascenseurs de fortune.
 
La perspective Nevski – les Champs-Élysées pétersbourgeois –, qui il y a une dizaine d’années à peine offrait un spectacle bien triste de vide post-soviétique, abrite aujourd’hui les magasins les plus en vogue de la mode européenne ainsi que d’anciens hôtels particuliers récemment rénovés. En dix ans, la ville a délaissé ses marchés couverts au profit des grandes surfaces. Les jeunes Pétersbourgeois, qui affichent leurs gadgets, leurs vêtements dernier cri et leurs piercings, ne manqueront ainsi pas de vous rappeler que la Russie a bel et bien changé, et qu’elle mène aujourd’hui à grande vitesse une révolution de ses mœurs et de son économie entamée depuis la fin des années 1990.
 
Si les disparités au sein de la population russe sont toujours présentes, c’est la nouvelle richesse des classes moyenne et supérieure qui frappe le plus. Les appartements communautaires du centre, forme de colocation à la soviétique, sont petit à petit rachetés par la nouvelle bourgeoisie, qui fait aussi construire de riches demeures à l’extérieur de la ville. Si cette tendance défavorise les familles les plus modestes qui pouvaient encore louer une pièce en centre-ville à un prix abordable, elle permet par ailleurs la restauration des immeubles les plus anciens par leurs nouveaux propriétaires.

Les spécialités culinaires

Au restaurant, profitez du choix de poissons offert par la proximité de la Baltique. Le caviar, noir (esturgeon) ou rouge (saumon) vous sera proposé, mais n’hésitez pas à tester la friture de koliouchka, de petits poissons que l’on déguste avec de la mayonnaise.
 
Pour un repas sur le pouce, goûtez les pirojki, petits pains fourrés à la viande ou aux légumes, ou bien les blini que l’on trempe dans du miel ou du lait concentré sucré. Le gâteau au miel (medovy tort) est excellent, et vous pourrez aussi tester la traditionnelle kartochka (patate) très appréciée des Russes, bien qu’un peu lourde. Pour le petit-déjeuner, demandez des syrniki, petits fromages blancs frais frits à la poêle, ou bien du kéfir, lait fermenté traditionnel que l’on trouve aujourd’hui en supermarché.
 
Si vous souhaitez commander un verre de vodka, faites bien attention à la quantité proposée : il existe plusieurs tailles de verre, que l’on doit boire en une seule gorgée, mais évitez de les jeter en l’air car cette tradition n’est plus vraiment d’actualité… Comme les Russes, dégustez-la accompagnée d’une tranche de pain noir et de hareng mariné. La tradition exige de porter un toast à chaque verre.
 
Où manger ?
Pour un bon rapport qualité-prix, je vous recommande le café Elvis (chaîne le Caméléon) à proximité de la station de métro Tchernychevskaïa. Si l’ambiance y est plus américaine que russe, la cuisine offre en revanche d’excellentes spécialités traditionnelles. Essayez le borshtsh, la salade Shouba pod seldoï et les blinis. Profitez de cette occasion pour visiter la cathédrale située une rue plus loin sur la place Radichev.

Les palais d’été

Aux portes de la ville se dressent les résidences d’été des tsars. Dans ces palais bâtis à l’écart du tumulte urbain et souvent à proximité de l’eau, on comprend tout le plaisir que pouvaient éprouver les souverains, loin des affaires d’État. La sérénité et la plénitude que l’on y ressent devaient bien valoir l’animation des réceptions et de la cour pétersbourgeoise.


© S. Loueyraud

Péterhof, une éblouissante réussite de Pierre le Grand

Péterhof, souvent surnommé le Versailles russe par nos compatriotes, rivalise avec ce dernier par ses fontaines et ses décorations extérieures. L’arrivée en bateau est assez impressionnante et donne une vue imprenable sur la fameuse façade et la fontaine principale, qui laisse le visiteur béat d’admiration.
 
Le palais recèle de magnifiques pièces entièrement restaurées, dont deux petits cabinets chinois d’origine, riches en objets d’art orientaux, qui m’ont particulièrement impressionnée.
 
Après avoir visité Versailles, Pierre le Grand fit appel à Jean-Baptiste Leblond, élève de Le Nôtre, pour concevoir les jardins de son palais. Le résultat fut plus que réussi : les jardins, ornés au total de 150 fontaines, sont absolument magnifiques et dépassent largement leurs équivalents versaillais.
 
La cascade de l’Échiquier ou les fontaines-surprises qui arrosent petits et grands impressionnent par leur perfection et la singularité de leurs formes (le Parapluie, les Petits chênes et les Sapins).
 
Mon coup de cœur à Péterhof, loin des fastes du palais et des jardins, reste la petite église du village, consacrée aux saints Pierre et Paul, sise un peu à l’écart de la résidence tsariste.
 
On trouve là, loin des touristes et des guides, un véritable havre de paix. Je vous recommande d’y effectuer un petit détour et de vous asseoir, tout comme les babouchkas locales, sur un banc afin de savourer la plénitude des lieux à l’occasion d’un rayon de soleil (sans oublier de vous couvrir d’un châle si vous êtes une femme, afin de respecter les lieux).


© S. Loueyraud

Tsarskoïe Selo (ou Pouchkine) : le palais d’été de Catherine II

Autre demeure remarquable, Tsarskoïe Selo (« le village des tsars ») se détache dans la campagne pétersbourgeoise.
 
En grande partie détruit et brûlé par les Allemands lors de la Seconde Guerre Mondiale, tout comme Péterhof, le palais Catherine n’a dû son salut qu’aux précautions prises par les Soviétiques qui, avant l’arrivée des troupes ennemies, avaient démonté la plupart des panneaux de bois formant la décoration intérieure du château. Quelques photos et descriptions présentées au début de la visite témoignent de ce passé tumultueux.
 
Aujourd’hui, grâce à un considérable travail de restauration mené par l’État russe depuis plusieurs années, les différentes salles sont éblouissantes de couleurs et de dorures. Le Cabinet d’ambre, intégralement reconstitué il y a peu, permet d’admirer le faste d’avant-guerre et de se faire une meilleure idée de la finesse du travail des artisans du tsar.


© S. Loueyraud

Loin de l’allure quelque peu tape-à-l’œil de Péterhof, Tsarskoïe Selo montre toute la douceur d’une résidence de campagne… dans la dorure et l’opulence, soit.
 
Les jardins, si parfaitement étudiés à Péterhof, nous plongent ici en pleine nature, au milieu d’étendues d’eau, de ponts en bois et de petits chemins de terre. L’idéal pour s’aérer un jour loin de la chaleur étouffante de la ville et partager le quotidien des Russes venus trouver là un peu de quiétude.
 
On se laisse emporter par le charme de cette nature resplendissante, le lac et les petits pavillons asiatiques, même si de nombreuses constructions se trouvent encore dans un triste état. Il faut bien compter un après-midi entier pour faire le tour du parc. Vous y remarquerez le Palais Alexandre, où le tsar Nicolas II et sa famille ont passé leurs derniers mois.
 
Tsarskoïe Selo est également connu car le célèbre poète et romancier Alexandre Pouchkine y a fait ses études de 1811 à 1816 (le village est d’ailleurs également baptisé de son nom). Après la visite, faites le tour de l’enceinte du château afin d’apercevoir son lycée, l’église attenante et la cour du château, qui n’est pas ouverte au public.
 
D’autres palais valent le coup d’œil et vous pourrez bien consacrer un jour entier à la visite de chacun d’entre eux, ce qui sera également l’occasion de découvrir la campagne russe : Oranienbaum, Gatchina ou Pavlosvk, le palais de Paul 1er.

Si votre budget vous le permet…

et que vous avez du temps disponible, n’hésitez pas à effectuer la croisière Saint-Pétersbourg – Moscou proposée par de nombreuses agences de voyage. Vous pourrez ainsi visiter les plus anciennes villes de Russie, notamment Ouglitch, Kostroma et Iaroslavl.

Informations pratiques

 
 
Planifiez votre séjour à Saint-Pétersbourg
avec le nouveau Guide Vert Moscou / Saint-Pétersbourg
 
 
 
 
Visa : l’obtention du visa est assez difficile pour la Russie si vous souhaitez voyager par vous-même. Préférez la réservation d’un hôtel qui vous fournira l’invitation nécessaire au voyage, ou bien optez pour un voyage organisé.
Ambassade de Russie
40-50, boulevard Lannes
75116 Paris
Tél. : 01.45.04.05.50/40.30
 
Café Elvis
56/13 rue Maïakovski
Tél. : (812) 273-67-97
 
Visite des églises
Il est nécessaire de se couvrir la tête d’un châle pour les femmes et d’être correctement vêtu pour les hommes.
 
Peterhof
Prenez l’une des navettes rapides au départ du centre de Saint-Pétersbourg, qui vous laisse directement sur le débarcadère du château. Il existe également un train, ainsi qu’un bus qui part de Saint-Pétersbourg et vous dépose dans le village, à l’entrée du château.
 
Tsarskoïe Selo
Il est possible d’y aller en train (élektritchka) depuis Saint-Pétersbourg (2 h), mais cela risque d’être difficile si vous ne parlez pas russe. Adressez-vous plutôt à une agence de tourisme locale.
Accueil
Chargement en cours...

Tourisme, Hôtels & Restaurants

Ceux qui se sont aventurés sur cette petite île danoise ne l’ont jamais oubliée…
La nature espagnole vous offre une grande variété de paysages.

Les offres spéciales de l'été

Offre Spéciale en chambre Duplex, à partir de 114 euros
144 €/ chb

Double promotion dernière minute, à partir de 39 Euros
39 €/ chb
Chambre double + 2 enfants, petit déjeuner inclus  à partir de € 125,00
125 €/ chb

Chambre double "economy", à partir de 110,00 Euros
110 €/ chb

Idées restaurant

Une entrée conçue pour accompagner un grand cru…
La rencontre d'un grand chef avec un grand vigneron.
 
Le cochon, c'est la vedette incontestée de la Pignata : on le célèbre en se régalant de saucisses, de panzetta, de jambon, de coppa, de lonzu, de boudin…